04/11/2005 (Agence Europe) - Dans une interview au Monde du 4 novembre, le président chypriote Tassos Papadopoulos affirme que « une Turquie orientée vers l'Europe vaut mieux pour nous qu'une Turquie qui lui tournerait le dos », mais que la Turquie ne doit pas entrer dans l'UE « à n'importe quel prix, pas au rabais, ce qu'ont maintenant accepté les Européens ». A la question de savoir pourquoi Nicosie empêche « le commerce direct entre Chypre du Nord et le reste du monde », M. Papadopoulos réplique: « Ce n'est pas une question économique mais politique. Ce que vous appelez le commerce direct serait aussi un moyen de rehausser le statut de Chypre du Nord ». A ce propos, le président juge « absolument contre-productive » l'invitation du « président » de Chypre du Nord, Mehemet Talat, par Condoleezza Rice. Interrogé sur le plan Annan pour la réunification de Chypre, M. Papadopoulos note: « J'ai dit au Premier ministre turc: ça m'est égal que le plan s'appelle Annan 6 ou Erdogan 1 pourvu que les préoccupations des Chypriotes grecs soient prises en compte et que les prochaines étapes soient bien préparées ». Dans une dizaine d'années, pense-t-il plutôt à une « réunification à l'allemande ou à un divorce de velours à la tchécoslovaque » ? A cette question, le président répond: « Ni l'un ni l'autre. Je pense que beaucoup de provisions du plan Annan, inacceptables pour nous, pourront trouver une solution au sein de l'UE. Ce ne seront plus des problèmes chypriotes mais des problèmes européens, par exemple la monnaie commune ou la politique économique ».