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Bulletin Quotidien Europe N° 8776
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/elargissement

Le Commissaire Verheugen promet un avis objectif, complet et juste sur l'ouverture des négociations avec la Turquie

Bruxelles, 01/09/2004 (Agence Europe) - Venu présenté à la commission des Affaires étrangères du Parlement européen l'évolution des dossiers dont il a toujours la charge, le Commissaire Verheugen a affirmé mardi que les préparatifs des rapports que la Commission rendra en octobre sur les pays de l'élargissement étaient en bonne voie. L'échange de vues a surtout porté sur la conclusion des négociations avec la Bulgarie et la Roumanie, au sujet desquelles il a confirmé le calendrier d'adhésion, et sur la Turquie, pour laquelle le rapport de la Commission européenne sera "un avis objectif qui s'en tient aux faits et repose sur un éventail de sources d'informations".

Tous les chapitres avec la Bulgarie ont été clos et les négociations avec la Roumanie sont elles aussi très avancées. Même s'il reste "des sujets difficiles comme la concurrence, la justice et les affaires intérieures, l'environnement et les services", l'objectif est toujours de "terminer les négociations cette année", a précisé Günter Verheugen. Le Commissaire chargé de l'élargissement a rappelé que la lutte contre la corruption et la criminalité organisée n'était pas satisfaisante dans les deux pays, la Bulgarie devant aussi faire des "efforts visibles" à propos des procédures d'instruction en matière pénale. La réforme de la justice et de l'administration roumaine requiert, elle, un changement dans les mentalités et dans la culture politique "au sujet de laquelle il faudra faire preuve de patience", a estimé M. Verheugen en réponse aux préoccupations du socialiste français Michel Rocard. Au conservateur britannique Geoffrey Van Orden, il a répondu que la Bulgarie ne doit pas forcément attendre la Roumanie pour entrer dans l'UE. Selon lui, "le calendrier de l'élargissement ne met pas de pression particulière, car même si les négociations n'étaient pas finies en 2004, ce ne serait pas une catastrophe, car nous disposons encore d'un an pour clore le processus". La période qui s'étendra jusqu'à l'adhésion étant plus longue que lors du précédent élargissement, "le monitoring sera aussi plus important", a toutefois insisté le Commissaire, en notant qu'une clause de sauvegarde inédite a été prévue avec la Bulgarie et que tout porte à croire que "la Roumanie l'acceptera elle aussi". Cette clause permettra de différer l'adhésion de la Bulgarie d'un an dans l'éventualité où les préparatifs s'avèrent inachevés.

Après avoir souligné que le rapport et la recommandation sur la Turquie seront "complets, objectifs et équitables", M. Verheugen a malicieusement glissé que le rapport "pourrait bien contenir des surprises", mais sans donner plus d'informations. Il a cependant assuré que la décision si recommander ou non d'ouvrir des négociations d'adhésion n'était pas encore prise, en précisant: "je recueillerai moi-même sur place des informations, ce qui veut dire que rien n'est terminé". Ce rapport s'accompagnera aussi d'une évaluation des "premiers effets de l'élargissement à la Turquie sur l'UE", a confirmé M.Verheugen. Interrogé par le vert néerlandais Joost Lagendijk sur le délai d'ouverture des négociations, il a refusé de commenter les recommandations du récent rapport de l'AIV qui propose d'entamer les pourparlers dans les deux ans (voir EUROPE du 31 août, p.4), tout en rappelant que le texte du Conseil prescrit que les négociations devront être entreprises sans délai, ce qui, selon son interprétation, signifierait "entre 4 et 6 mois" après la décision du Conseil européen en décembre. Selon des informations parues mercredi dans le journal allemand Die Welt, plusieurs Commissaires, dont Loyola de Palacio et Franz Fischler, auraient pourtant émis des doutes quant à l'éventuelle adhésion de la Turquie à l'UE.

Pour la Croatie, alors qu'il est acquis que les négociations s'ouvriront au début 2005, elles ne devraient pas, selon M. Verheugen, permettre une adhésion au même moment que la Bulgarie et la Roumanie. Sur la base de ce qui est prévu pour ces deux pays et de la durée nécessaire à la signature du traité d'adhésion, il faudrait clore les négociations en 8 mois environ, ce qui semble peu réaliste, a-t-il laissé entendre.

A propos de la « République turque de Chypre du Nord (RTCN) », M. Verheugen a indiqué qu'il ne comprendrait pas « qu'une attitude constructive au nord se heurte à un isolement prolongé » et a justifié au passage les mesures financières et commerciales proposées en juillet (voir EUROPE du 8 juillet, p.14 et d'hier, p.5).

Passant en revue les pays pour qui "la question de l'adhésion ne se pose pas", M.Verheugen a notamment annoncé que la Commission fera une proposition de règlement pour la réforme de la politique du voisinage de l'UE. A l'automne, elle élaborera également un plan d'action avec l'Égypte et le Liban.

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