Bruxelles, 03/08/2004 (Agence Europe) - La préparation de la future mission ALTHEA de l'UE en Bosnie-Herzégovine, qui doit prendre la relève de la mission SFOR de l'OTAN d'ici la fin de l'année, a dominé l'échange de vue qui a eu lieu la semaine dernière entre le chef de l'Etat-major de l'UE (EMUE), le lieutenant général Jean-Paul Perruche, et la sous-commission sécurité et défense du Parlement européen. Dans son introduction, le président de la commission, le démocrate-chrétien allemand Karl von Wogau, a indiqué que la Bosnie serait une des priorités de la commission et a proposé d'y envoyer une délégation parlementaire.
ALTHEA aura pour mission de transférer progressivement la responsabilité de la sécurité aux autorités locales, a expliqué aux députés le lieutenant général Perruche. Contrairement à la SFOR, qui était purement militaire, la mission de l'UE fera appel à différents instruments (militaires, policiers) et sera ouverte à la participation de pays tiers dont l'Argentine, le Chili, la Nouvelle-Zélande et le Maroc. Le maintien de troupes l'OTAN sur le terrain, environ 200 hommes, ne constitue absolument pas un obstacle pour la future mission de l'UE même si cela rend les choses "un peu plus difficile", a reconnu le chef de l'EMUE. "Parfois, il faut se démener sur la répartition des tâches" entre l'UE et l'OTAN mais "c'est l'UE qui assurera le commandement des opérations" tandis que l'OTAN assumera "des tâches résiduelles", a-t-il assuré.
"Si les choses vont mal en Bosnie-Herzégovine, il faudra recourir aux moyens de l'OTAN", a déclaré le conservateur britannique Geoffrey Van Orden en apostrophant par ailleurs le lieutenant général sur les capacités militaires de l'UE. "Dans l'UE, on ne crée pas de nouvelles troupes, on réarrange des troupes existantes. Il faut que les choses soient claires!", a-t-il martelé. La mission de l'OTAN en Bosnie "n'a pas trop fonctionné par le passé" puisqu'il y a encore des criminels de guerre en fuite, a souligné la verte allemande Angelika Beer. "Je n'ai pas l'impression que ça va s'améliorer", a-t-elle ajouté. Selon elle, "Le problème de crédibilité de l'OTAN" sur le terrain "risque de déteindre sur l'UE".
"On peut tous regretter que l'OTAN n'ait pas réussi" à arrêter tous les criminels de guerre, mais "les forces militaires ne sont pas faites pour ce type d'opération" qui nécessite des forces de police, a répondu le lieutenant général Perruche en rappelant la protection dont ces criminels de guerre bénéficient sur le terrain et en reconnaissant qu'ALTHEA sera confrontée à la même difficulté. "Je crois que les progrès ont été extrêmement rapides" dans le développement de la politique européenne de défense "contrairement à ce qui a été dit", a répliqué le chef de l'EMUE à M. Van Orden. Bien sûr, "dans la réalité, on ne peut pas imaginer que demain, l'UE va pouvoir s'engager avec la totalité des forces envisagées" dans le "Headline Goal" 2003, mais "l'UE est capable de conduire des opérations de plus en plus importantes" et, surtout, elle doit continuer à développer ses capacités "pour devenir un partenaire fiable des Etats-Unis", a-t-il ajouté.