Bruxelles, 02/08/2004 (Agence Europe) - Après avoir connu une période d'incertitude, la structure de Coopération européenne dans le domaine de la recherche scientifique et technique, connue sous son acronyme COST, est en passe de jouer un rôle accru. La COST pourrait largement contribuer à la réalisation des objectifs de l'Espace européen de la recherche (EER), adoptés par le Conseil européen de Lisbonne en mars 2000.
Crée en 1971, la COST est le plus vieux et le plus large réseau intergouvernemental de coopération dans la recherche. Dotée d'un budget de fonctionnement inférieur à 1 % de la valeur de l'ensemble des projets qu'elle parraine, elle permet aux instituts de recherche, aux universités et aux entreprises européennes de collaborer à un large éventail d'activités relevant principalement de la recherche fondamentale et précompétitive. Bien que concurrencée par d'autres structures scientifiques plus ou moins comparables, la COST s'est construite au fil des années une bonne réputation grâce à quatre principes, résumés par son nouveau président, Francesco Fedi: « La liberté d'initiative par les scientifiques eux-mêmes, la participation à la carte, l'égalité d'accès au programme et une structure flexible ».
La COST se distingue dans le domaine de la recherche en accordant l'initiative des « actions » (unités de recherche où se réalisent la coordination des recherches nationales) aux chercheurs des Etats membres. Cette démarche « bottom up » autorise par ailleurs le libre choix des thèmes de recherche. Autre particularité: si les 34 membres de la COST (dont les 25 Etats membres de l'UE) peuvent participer aux actions, leur engagement n'est pas obligatoire. Seul un nombre minimum de cinq participants est exigé pour qu'un projet soit étudié et le cas échéant, entériné par le Comité de hauts fonctionnaires (CHF), l'organe central de décision, composé de deux représentants de chaque Etat membre. Près de 30 000 scientifiques sont actuellement impliqués dans l'une des 200 actions menées sous l'égide de COST.
S'appuyant sur cette pluridisciplinarité et ce réseau tissé depuis plus de 30 ans, la Commission pourrait faire de la COST un instrument du développement de l'Espace européen de la recherche. Un challenge que semble prêt à relever Francesco Fedi, soulagé après une période d'incertitude où la COST attendait fébrilement de savoir si elle obtiendrait encore un financement au titre du sixième programme cadre de Recherche. Depuis tout s'est arrangé, la Commission a débloqué 80 millions d'euros jusqu'à 2006, une somme qui contribuera au budget de fonctionnement de la COST. La Commission s'est désengagée, en revanche, au niveau administratif. Jusqu'à l'année passée, la COST comptait deux secrétariats: l'un au Conseil, l'autre à la Commission. En accord avec le CHF, la Commission a cédé son contrat à la Fondation européenne de la science (FES). Selon un fonctionnaire, la FES a été choisie pour « sa bonne réputation et son expérience car la COST voudrait améliorer la qualité de ses projets ».
La nouvelle organisation a été mise en place officiellement depuis janvier et la Commission européenne a présenté à la dernière réunion du CHF, à Bergen en Norvège les 27 et 28 mai derniers, un document de travail qui insiste sur la nécessité de renforcer les relations et d'améliorer la coordination des projets. Intitulé « Vers un nouveau partenariat entre la COST et la Commission », ce document a été bien accueilli par les différents représentants des gouvernements présents sur place. Il devrait être finalisé après l'été.
L'objectif global poursuivi par la Commission, dans lequel s'inscrit cette démarche envers la COST, vise à améliorer la coopération et la communication entre les différentes structures de recherche. Comme le résume un fonctionnaire, « le but est de savoir qui fait quoi et de faciliter les synergies ». Dans ce contexte, un accord de coopération a déjà été signé, en novembre 2002, avec l'Agence spatiale européenne. D'autres accords sont parallèlement en bonne voie. On peut citer d'un côté, le programme de soutien à la coopération technique au niveau européen Eureka, de l'autre, des initiatives européennes de nature intergouvernementales telles que l'Observatoire européen méridional (ESO), spécialisé en recherche astronomique, et le Laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL).