Bruxelles, 29/12/2003 (Agence Europe) - L'élue européenne des Democratici di sinistra Pasqualina Napoletano a demandé que la conférence des présidents des groupes politiques du Parlement européen exprime "de manière formelle" sa solidarité à l'égard du Président de la Commission européenne Romano Prodi , sorti indemne le 27 décembre d'un attentat dans sa maison de Bologne, alors qu'il ouvrait son courrier et celui de sa femme. Le colis piégé qui n'a fait que des dégâts matériels contenait un livre destiné justement à Flavia Prodi (Le plaisir de Gabriele D'Annunzio). Romano Prodi admet l'avoir ouvert avec une certaine précaution, après des avertissements reçus les jours précédents - deux poubelles incendiées le 21 décembre près de chez lui à Bologne, avec un tract indiquant que "la marche d'approche de Prodi et des siens ne fait que commencer", et un pavé arborant les mots "Bon Noël, Romano Prodi" jeté le 24 décembre dans la vitrine d'une librairie où figurait le livre du Président de la Commission "L'Europe, le rêve, les choix".
M.Prodi a voulu minimiser l'incident de samedi, en déclarant que les responsables n'avaient sans doute pas l'intention de tuer, mais Pasqualina Napoletano souligne la "gravité de tels actes" et "la facilité avec laquelle les auteurs ont pu les exécuter". Elle demande donc aux présidents des groupes politiques "d'évaluer de manière approfondie la situation qui s'est créée" en Italie. "Ne perdons pas la sérénité, c'est la plus belle arme que nous avons", a insisté Romano Prodi, interrogé dimanche alors qu'il se promenait avec sa femme. Quant aux menaces qui lui ont été adressées, il a commenté: "c'est un mouvement anti-politique de rejet des structures de l'Etat. En plus, du fait de ma position en Europe, j'ai un rôle particulier.... Il y a là une attaque à tout ce que représente le nouveau réseau de relations européennes ou internationales". Romano Prodi raconte aussi: "Chirac m' a grondé: tu ne dois jamais rien ouvrir. Poutine aussi m'a appelé".
Selon les autorités italiennes, les responsables appartiendraient à un mouvement "anarcho-insurrectionnel". Dans une déclaration du 24 décembre, le ministre italien de l'Intérieur, Giuseppe Pisanu, affirme qu'il s'agit d'une "formation terroriste très dangereuse" qu'on doit combattre "avec la même détermination réservée aux Brigades Rouges-Parti communiste combattant".