Bruxelles, 19/08/2002 (Agence Europe) - C'est un constat positif que l'on peut faire, deux ans après le Conseil européen de Lisbonne, de la mise en oeuvre de la stratégie lancée lors du Sommet de mars 2000 visant à faire de l'Union européenne l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde. Telle est la teneur de la note de synthèse sur le suivi de la stratégie de Lisbonne présentée récemment par le professeur Maria João Rodrigues, initiatrice de cette stratégie et qui est actuellement conseiller spécial du président Romano Prodi.
Pour étayer ce bilan positif, Mme Rodrigues indique dans sa note que: (1) la stratégie de Lisbonne a été une référence centrale dans le développement et le renouvellement des politiques économiques et sociales et devrait être considérée comme une stratégie de modernisation économique et sociale; (2) la "méthode ouverte de coordination" lancée à Lisbonne a été étendue aux politiques de la société de l'information, de la recherche, de l'innovation, de l'éducation, de la protection sociale et de la lutte contre l'exclusion sociale; (3) la Commission européenne a complètement intégré cette stratégie dans son programme de travail et a présenté une longue liste de propositions dans la ligne de l'agenda politique défini au Sommet de Lisbonne; (4) le Conseil - à savoir ses formations Industrie, Marché Intérieur, Emploi et Affaires sociales, Education, Recherche et Eco/Fin - a été invité à concrétiser cet agenda, sur la base de ces propositions; (5) une partie des lignes directrices définies au niveau européen est actuellement en voie de transposition dans les législations nationales des Etats membres.
Mme Rodrigues fait aussi une référence particulière aux progrès les plus spectaculaires accomplis depuis Lisbonne, à savoir notamment: - le plan e-Europe pour la société de l'information a atteint un niveau remarquable de mise en oeuvre aux niveaux européen et local. Une nouvelle édition de ce plan couvrant la période 2003-2005 a déjà été présentée par la Commission européenne; - les instruments nécessaires à la mise en place d'un espace européen de la recherche sont soumis à l'appréciation du Conseil et la proposition de programme-cadre 2000-2006 a déjà été approuvée; - des projets de développements ambitieux concernant la politique de l'innovation ont été présentés par la Commission et approuvés par le Conseil; - le programme pluriannuel pour les entreprises a été approuvé; - tant les rapports nationaux que le rapport de synthèse sur les réformes économiques (processus de Cardiff) et le futur programme de travail sur le Marché unique font référence à la mise en oeuvre de la stratégie de Lisbonne; - un "paquet" global sur la réforme et l'intégration des marchés financiers, basé sur les rapports de la Commission européenne et du Comité des Sages, est actuellement en voie de concrétisation; - le rapport sur l'initiative Innovation 2000 lancé par la Banque européenne d'investissements a été approuvé par le Conseil; - un accord a été atteint sur la directive relative à la taxation de l'épargne, selon le schéma approuvé au Sommet de Feira; - en matière de politique d'éducation, la méthode ouverte de coordination a entraîné un renouveau considérable et des objectifs ambitieux ont été définis en matière d'apprentissage tout au long de la vie; - le paquet "emploi" approuvé par le Conseil pour 2002 comporte des nouveautés significatives dans les lignes directrices, basées sur la stratégie de Lisbonne; - la politique de lutte contre l'exclusion sociale a probablement fait les progrès les plus rapides, avec l'élaboration de plans d'action nationaux en la matière; - en matière de politique de protection sociale, la Commission, le Groupe à Haut niveau sur la Protection sociale et le Comité de Politique économique ont préparé des rapports très importants sur la mise en oeuvre des stratégies de réforme; - après des discussions difficiles, l'agenda sur la politique sociale européenne, qui définit les priorités en matière de politique sociale pour les cinq prochaines années, a été approuvé par le Conseil européen de Nice. Enfin, Mme Rodrigues souligne que le Sommet de printemps de Stockholm (mars 2001) a fait siens ces progrès et a ajouté la dimension environnementale aux dimensions économique et sociale définies à Lisbonne, dotant l'UE d'une stratégie globale pour le développement durable. Chaque Conseil européen de printemps fera le bilan des progrès accomplis dans ces trois domaines. Ceci a été le cas du Sommet de Barcelone (mars 2002) qui a fortement progressé en matière de réformes économiques, conclut Mme Rodrigues.