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Bulletin Quotidien Europe N° 8023
Sommaire Publication complète Par article 13 / 15
(eu) ue/balkans

Premier rapport annuel de l'Agence européenne pour la reconstruction et rapport intérimaire pour le premier semestre 2001

Bruxelles, 08/08/2001 (Agence Europe) - La Commission européenne vient d'adopter le premier rapport annuel de l'Agence européenne pour la reconstruction. Ce rapport, essentiellement technique, retrace le travail accompli par cette Agence depuis sa création en février 2000 jusqu'à la fin de sa première année. Projets et taux d'exécution sont détaillés, mais sans commentaire global ni évaluation. L'Agence européenne a été créée pour gérer les programmes d'aide de l'Union européenne au Kosovo et, depuis le changement de régime à l'automne 2000, son mandat s'est élargi à la Serbie et au Monténégro. Elle ne s'occupe pas de l'aide humanitaire, gérée par l'Office européen d'aide humanitaire, Echo. Trois antennes de l'Agence ont été installées à Pristina, Belgrade, et Podgorica, mais son siège est à Thessalonique, en Grèce. Fin 2000, elle employait 142 personnes (64 agents internationaux et 78 agents locaux), et ses frais administratifs auraient représenté 2,5% du montant total engagé en faveur du Kosovo cette année là.

Le rapport annonce que sur les fonds engagés au Kosovo en 2000, fin novembre 92% des fonds avaient fait l'objet d'un contrat et 53% avaient été dépensés (ou respectivement 79% et 43% si l'on tient compte du mois de décembre). La Commission souligne dans son rapport que l'Agence a fondé son travail sur celui de la Mission des Nations Unies au Kosovo (Minuk). "Ce programme, bien qu'essentiellement axé sur les besoins immédiats dans le domaine de la reconstruction des infrastructures et de l'économie, s'est également intéressé, dans une optique à plus long terme, à la nécessité de mettre en place une économie de marché et d'encourager l'entreprise privée". Les priorités ont été l'énergie (réseaux électriques, mines de charbon...), le logement, les transports et l'eau, ainsi que les entreprises, l'agriculture et la santé. L'Agence a par ailleurs contribué à la mise en œuvre du programme d'aide d'urgence de 188 millions d'euros pour la Serbie, adopté en novembre par la Commission.

Rapport intérimaire pour le premier semestre 2001

Au 23 juillet 2001, le montant des fonds engagés au Kosovo en 2000 et qui ont été effectivement dépensés est monté à 70%. Pour le programme 2001, 76% des 263 millions ont été contractés et 25% dépensés. L'Agence poursuit la réhabilitation des bâtiments, usines et centrales mais insiste bien davantage qu'avant sur le développement économique, souligne le rapport intérimaire.

Pour la Serbie, 95% du paquet de 188 millions adopté fin 2000 avaient été contractés fin juillet, et 77% dépensés. Pour le programme 2001, sur les 143 millions engagés jusqu'à présent, 28% ont fait l'objet d'un contrat et 8% ont été dépensés. Ce programme prolonge l'action du programme d'urgence de 2000 (énergie, agriculture, santé), avec un accent plus poussé sur le développement des entreprises. L'Agence prépare pour la Commission une deuxième tranche du programme 2001 pour 45 millions d'euros, qui sera présentée à son Conseil de direction (composé de représentants de la Commission et des Etats membres) le 21 septembre.

Les travaux ont plus de retard pour le Monténégro. Pour 2001, on en est au stade de l'examen par le Conseil de direction du programme de 15 millions d'euros pour le développement des municipalités, des transports et de l'administration. L'Agence travaille donc à la mise en œuvre des programmes lancés les années précédentes. 54% des sommes engagées entre 1998 et 2000 ont été contractées et 44% versées.

Un bilan plutôt positif, selon le Centre for European policy Studies

L'Agence européenne pour la reconstruction "a vraiment changé les choses", selon Nicholas Whyte, spécialiste des Balkans au CEPS, qui dit ne pas entendre sur le terrain de protestations contre des délais de paiement. "Toute personne impliquée sur le terrain se souvient de la manière dont la bureaucratie de l'Union européenne a étouffé le soutien de cette même Union européenne à la Bosnie. L'idée était que l'Agence européenne pour la reconstruction devait tenir compte de ces leçons, et il me semble que cela a été fait", dit-il. Selon lui, le taux d'exécution "est une grande amélioration par rapport à ce qui était fait en Bosnie, mais il devrait tout de même être plus haut".