Luxembourg, 25/08/2000 (Agence Europe) - Dans sa Série Affaires Economiques, la Direction Générale des Etudes du Parlement européen a publié un document de travail sur "Les coûts de main-d'oeuvre et la politique salariale dans l'UEM" réalisé, sous la responsabilité de Ben Patterson, par Daniel Gros et Carsten Hefeker et dans lequel les auteurs affirment en particulier que l'impact de l'UEM sur le comportement en matière de fixation de salaires est difficile à déterminer. Quant à la question de savoir si une hausse des salaires augmenterait le niveau d'emploi (thèse, en particulier, de l'ancien ministre allemand des finances Oskar Lafontaine) parce qu'elle stimulerait la demande, le rapport constate que ceci signifierait que les travailleurs dépensent leur revenu supplémentaire sans rien économiser, ce qui "n'est guère vraisemblable, surtout dans la situation actuelle". Le rapport souligne aussi que, alors que la modération salariale a caractérisé le comportement de la plupart des Etats membres au cours des dernières années, la situation change si on tient compte des prélèvements obligatoires: ainsi, l'augmentation de la fiscalité a neutralisé les effets bénéfiques que la modération salariale aurait pu entraîner.
Par ailleurs, le rapport examine aussi les possibilités d'une "coordination syndicale explicite à l'échelle de la zone euro", en estimant qu'elles sont "plutôt faibles", et aussi celle de permettre que, dans les grands Etats membres, les situations régionales aient un plus grand impact sur les salaires. Les auteurs se disent assez favorables à ce deuxième scénario et estiment qu'"il faut permettre aux salaires locaux de s'ajuster aux conditions locales du marché du travail", étant donné que la majorité des grands Etats membres sont formés de régions présentant "d'énormes disparités en termes de chômage et de structures industrielles".
(Adresse: Parlement européen, Direction générale des Etudes, Division "Affaires économiques", L-2929 Luxembourg. E-mail: gpatterson@europarl.eu.int).