Bruxelles, 25/08/2000 (Agence Europe) - Le représentant des intérêts des importateurs européens à Bruxelles, la Foreign Trade Association, juge insuffisante la proposition présentée en juillet par la Commission européenne pour éliminer les restrictions sur les importations textiles dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (voir EUROPE du 13 juillet p. 14). Dans une lettre adressée cette semaine au commissaire européen au Commerce, Pascal Lamy, la présidente de la FTA, Jacqueline Peltier, demande que davantage de vêtements finis soient inclus dans les produits à libéraliser en janvier 2002, lors de la troisième phase de démantèlement prévue lors de l'Uruguay Round.
La Commission européenne a présenté au Conseil une proposition qui prévoit d'éliminer les restrictions sur 62 catégories de produits textiles et vêtements, soit une libéralisation supplémentaire des importations textiles de 18%, conformément aux engagements pris à l'OMC. Or, selon la FTA, ce pourcentage cache "le fait que parmi les catégories qui doivent être libéralisées, seule une petite partie est constituée de vêtements, comme ce fût le cas lors des deux premières phases de libéralisation".
Pour la FTA, une libéralisation plus rapide du secteur du vêtement " aurait été davantage dans l'esprit de l'accord textile". En outre, "l'industrie textile aurait eu davantage de temps pour s'adapter à une intégration totale des produits de l'habillement", en évitant une "libéralisation soudaine en 2005" (ces produits devront en tout état de cause être libéralisés en 2005 lors de la quatrième phase de démantèlement prévue à l'OMC).
"Consciente" que le Commissaire au Commerce a tenté de présenter une proposition qui établisse les bases d'un accord au Conseil, la présidente de la FTA "demande cordialement" à Pascal Lamy d'insister durant les débats du Conseil pour que de nouvelles catégories soient ajoutées à la liste des produits à libéraliser et que, "sous aucun prétexte", les discussions ne réduisent la proposition de la Commission.
En lançant sa proposition, qui devra être présentée avant la fin de l'année à l'OMC, le commissaire Lamy avait jugé que le marché communautaire de textiles et de vêtements est "le plus ouvert du monde". Soulignant que de nombreux marchés restent fermés aux produits européens, il avait expliqué que la Commission compte sur un mandat du Conseil pour négocier avec les pays tiers des accords bilatéraux, fondés sur une ouverture réciproque des marchés textiles.