Rome/Vienne, 16/08/2000 (Agence Europe) - La presse italienne a fait état le week-end dernier d'un échange de lettres entre les ministres italien et autrichien des affaires étrangères - Lamberto Dini et Benita Ferrero-Waldner - suscité par les déclarations faites par Jörg Haider lors de sa visite du mois dernier à Venise, et en particulier par l'interview dans laquelle le gouverneur de Carinthie plaidait pour le remplacement de l'UE par une Europe des régions (y compris une région Carinthie/Frioul/Vénétie). De tels propos « ne peuvent qu'être enregistrés avec appréhension », dit M. Dini dans sa lettre du 22 juillet, dont « La Republica » du samedi 12 août publie une copie. M. Dini ajoute qu'on peut « facilement comprendre que, surtout dans cette phase particulière des relations entre les pays de l'UE et l'Autriche », de tels propos, « qui semblent aller au-delà de la perspective d'une constructive et harmonieuse coopération entre régions italiennes et autrichiennes, semblent susceptibles d'avoir des effets négatifs et d'entraîner de dangereuses polémiques ». M. Dini demande au gouvernement autrichien de prendre "toutes les mesures possibles afin d'éviter que des épisodes analogues se répètent". « La Repubblica » du dimanche 13 août publie la réponse de Benita Ferrero-Waldner à Lamberto Dini, dans laquelle la ministre autrichienne des affaires étrangères affirme en particulier que la coopération entre régions, « même transfrontalières », en laquelle l'Autriche croit fermement, est « pleinement conforme à cette construction européenne que nous nous engageons, ensemble, à élargir et à approfondir ». Mme Ferrero-Waldner conclut en indiquant combien elle-même et le chancelier Schüssel ont, au cours des derniers mois, apprécié « le courageux engagement » de M.Dini en faveur d'un « traitement équitable de l'Autriche », et en priant ce dernier de « faire entendre sa voix aussi à l'avenir, afin de pouvoir rapidement revenir, dans l'interêt de nous tous, à la normalité européenne de confiance réciproque ».
Dans une interview accordée dimanche à l'agence de presse autrichienne APA, Jörg Haider a affirmé que, si les sanctions bilatérales des Quatorze ne sont pas levées cet automne, le sommet de Nice "sera mort".