Bruxelles, 20/07/2000 (Agence Europe) - Le quatrième rapport de la Commission européenne sur l'application de la directive "télévision sans frontières" montre que les chaînes de télévision de l'UE ont globalement respecté leurs obligations de diffusion d'oeuvres européennes et de productions indépendantes en 1997 et 1998. La moyenne de transmission d'oeuvres européennes par les principales chaînes s'est située entre 53,3% et 81,7%, excepté pour le Portugal, où elle n'a été que de 43%. Ces chiffres sont généralement en augmentation par rapport aux années antérieures. Une progression que le porte-parole de la commissaire à la Culture, Viviane Reding, explique notamment par la demande du public européen, friand de séries imitées peut-être des séries américaines mais mettant en scène des situations et des acteurs locaux.
Les télévisions qui n'ont pas pu respecter les quotas prévus par la réglementation européenne invoquent, pour ce qui est des chaînes récentes, leur fragilité financière et la nécessité de se tourner vers des programmes bon marché, ce qui est souvent le cas de programmes américains déjà rentabilisés sur le marché local. Les chaînes thématiques évoquent, quant à elles, la difficulté de trouver ou produire des oeuvres européennes. Les filiales d'entreprises de pays tiers invoquent la priorité donnée à l'exploitation de leurs propres stocks. "Les chiffres pour 1999 devraient confirmer que l'écart entre le Portugal et les autres Etats membres sur la diffusion d'oeuvres européennes, imputable à la télévision privée, est en voie de résorption", souligne la Commission qui attribue ce retard à la fragilité de l'industrie audiovisuelle portugaise face à la concurrence des oeuvres produites au Brésil.
Ces bons résultats masquent la toujours très faible circulation des oeuvres européennes au sein de l'Union. "Une grande part de l'offre de films européens sont des films nationaux et à des heures auxquelles il faut les trouver", a commenté Jean-Michel Baer, directeur à la Direction générale Culture de la Commission, lors d'un colloque organisé jeudi, à Lille, sur l'avenir des télévisions publiques européennes. De fait, aucun critère qualitatif, tel que l'horaire de diffusion d'une oeuvre, n'est pris en compte dans l'évaluation par la Commission, basée sur des rapports nationaux.
Pour mémoire, la directive "télévision sans frontières" prévoit que les télévisions réservent, "chaque fois que cela est réalisable", une proportion majoritaire de leur temps de diffusion à des oeuvres européennes et 10% de leur temps d'antenne (ou de leur budget de programmation) à des oeuvres européennes réalisées par des producteurs indépendants des organes de radiodiffusion. La Commission entamera prochainement des consultations en vue de procéder en 2002 à la révision de ces dispositions. La plupart des Etats membres ont introduit des législations plus rigoureuses que ne le prévoit la directive.