Strasbourg, 07/07/2000 (Agence Europe) - Le Parlement européen a adopté pendant les débats d'urgence de jeudi après-midi une résolution des groupes du PPE, socialiste, des Verts et de la Gauche unitaire dans laquelle il dit (par 156 oui, 117 non et 4 abstentions) sa préoccupation pour les circonstances de la démission d'Anton Pelinka, représentant autrichien au Conseil d'administration de l'Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes, qui a son siège à Vienne. Après l'entretien que la commission des libertés du PE a eu avec Mme Winkler, qui dirige l'Observatoire, et qui avait exprimé son inquiétude non seulement pour les conditions dans lesquelles M.Pelinka avait démissionné mais aussi pour le fonctionnement de l'Observatoire, M.Sylla (Gauche unitaire, français) s'est indigné, en plénière, du comportement d'une "justice aux ordres du FPÖ", en rappelant que M.Pelinka avait été accusé pour diffamation par Jörg Haider, dont l'avocat dans cette affaire était l'actuel ministre autrichien de la Justice. L'élue du FPÖ Mme Raschhofer a répliqué que personne ne saurait empêcher la justice indépendante de son pays de faire son travail, et que les informations sur la démission de M.Pelinka sont extrêmement contradictoires: c'est grâce aux efforts de Wolfgang Schüssel que l'Observatoire a été installé à Vienne, a dit pour sa part l'élue de l'ÖVP Mme Stenzel, alors qu'un autre député du parti du chancelier Schüssel, M.Pirker, a choisi de citer en plénière seulement les observations positives que Mme Winkler avait faites à propos du rôle de l'Autriche au sein de l'Observatoire (ce qui a suscité l'indignation du Vert autrichien Voggenhuber). Entre-temps, à l'Observatoire de Vienne, les choses vont mieux, grâce aux efforts de Mme Winkler et aussi du nouveau représentant autrichien, a indiqué le social-démocrate autrichien Swoboda ; M.Pelinka a toujours été un homme modéré, et même un ami « frustrant » pour ceux qui auraient voulu aller plus loin et plus vite dans la lutte contre le racisme, a noté le travailliste britannique Ford.
Dans sa résolution, le Parlement demande: - au gouvernement autrichien, aux gouvernements de tous les Etats membres et aux institutions de l'UE d'apporter tout leur soutien aux activités de l'Observatoire de Vienne; - à sa commission des libertés et des droits des citoyens de suivre attentivement les « nouveaux développements » à l'Observatoire.