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Bulletin Quotidien Europe N° 7691
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/mercosur/chili

Les négociations commerciales commencent ces jeudi et vendredi 6 et 7 avril avec le Mercosur et les 10 et 11 avril avec le Chili - L'objectif de parvenir à un accord avant 2005 est confirmé

Bruxelles, 04/04/2000 (Agence Europe) - Les négociations commerciales entre l'Union européenne et le Mercosur commenceront ces jeudi et vendredi 6 et 7 avril à Buenos Aires et les négociations avec le Chili les 10 et 11 avril à Santiago. Les comités de négociation se réuniront deux jours et mettront en place la structure, la méthode et le calendrier de négociation.

En ce qui concerne la structure, l'UE propose de créer trois groupes de travail sur le modèle suivi pour les négociations avec le Mexique: biens, services, disciplines commerciales (règles d'origine, propriété intellectuelle, concurrence etc.). Les sessions de négociations suivantes devraient se dérouler durant une semaine, en juin à Bruxelles puis en novembre en Amérique latine.

Le calendrier est le point qui pose le plus de problèmes puisque la Commission européenne est liée par le mandat que lui a confié le Conseil. L'exécutif européen est tenu de n'entamer les négociations sur les démantèlements tarifaires et les services qu'en juillet 2001, alors que les pays du Mercosur insistent sur le fait qu'ils ne sont pas liés par ce mandat et souhaitent entamer parallèlement les négociations sur tous les aspects.

"Notre objectif sera de respecter le mandat tout en tenant compte de la position des latino-américains", reconnaissent les négociateurs. "Si l'on ne peut pas négocier sur les positions tarifaires, on peut toujours échanger des points de vue", note ainsi une source européenne. En outre, au rythme de trois sessions de négociation par an, "la date de juillet 2001 sera rapidement atteinte", remarque-t-on tant du côté européen que du Mercosur. Dans le cas du Mexique, le mandat n'était pas contraignant sur ce point les propositions de dégrèvement tarifaire n'ont été échangées que lors de la troisième session, rappellent les négociateurs européens.

Les Européens comptent également attendre le résultat des négociations multilatérales à l'OMC sur l'agriculture avant d'attaquer ce sujet avec le Mercosur. L'agriculture et la pêche représentent près de 36% des exportations du Mercosur vers l'UE et entre 13 % et 18% des exportations du Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay concernent des produits considérés comme "sensibles" pour l'agriculture européenne, selon les indications de l'Institut pour les relations UE/Amérique latine basé à Madrid (Irela). Alors que la priorité de l'UE est de développer les échanges et les investissements dans des secteurs tels que l'automobile, les biens, les capitaux, les services et les marchés publics, les pays du Mercosur insistent sur les questions agricoles, en particulier sur le démantèlement des subventions à l'exportation. Les Français, qui étaient les plus prudents à propos de l'ouverture des négociations agricoles, pensent toutefois pouvoir contrôler la situation. Les négociations seront menées par les services "commerce extérieur" du commissaire européen Pascal Lamy, sous la supervision du directeur général des Affaires étrangères Guy Legras. EUROPE rappelle que dans ses anciennes fonctions de directeur général de l'agriculture, Guy Legras avait émis de sérieux doutes sur l'opportunité de libéraliser les échanges avec l'un des principaux producteurs agricoles mondiaux.

Les premières sessions de négociations devraient être consacrées aux questions relatives notamment aux règles d'origine, aux réglementations phyto-sanitaires et vétérinaires et à d'autres obstacles non-tarifaires aux échanges. Ces domaines risquent toutefois de poser également des problèmes tant que le marché commun du cône sud-américain ne sera pas achevé. La libéralisation du secteur automobile au sein du Mercosur ne devrait être complété qu'en 2006; l'Argentine et le Brésil viennent de conclure la semaine dernière un accord dans ce secteur qui doit encore être négocié avec leurs partenaires du Mercosur. Les règles d'origine incluses dans l'accord Brésil/Mercosur prévoient que, d'ici 2006, le contenu régional devra être de 30% minimum. Les négociations sur les règles d'origine avec l'UE devront probablement tenir compte de cet accord. Toutefois, indique une source européenne, le cumul régional de l'origine entre les pays du Mercosur devrait rendre la négociation des règles d'origine plus simple que dans le cas du Mexique (où il fallait tenir compte de l'existence de la zone de libre-échange nord-américaine).

Malgré les réticences liées au secteur agricole, l'Union européenne a un intérêt stratégique à conclure un accord avec le Mercosur avant la mise en place d'une zone de libre-échange des Amériques entre l'ensemble des pays du continent américain (Alca), Etats-Unis en tête. L'objectif annoncé par les négociateurs américains est de parvenir à un accord en 2005. L'administration américaine ne devrait toutefois pas obtenir avant novembre prochain le "fast-track" qui lui permettra de négocier sans être obligée de référer chaque résultat individuel au congrès.

"L'agenda UE/Mercosur est lié étroitement aux discussions de l'Alca, puisque l'Europe et les Etats-Unis sont concurrents sur le marché sud-américain", notait une étude récente de l'Irela sur les "perspectives pour un accord de libre-échange UE/Mercosur et les options politiques pour les Etats-Unis". Les conclusions adoptées la semaine dernière par la délégation pour l'Union européenne de l'Assemblée nationale française confirment que même la France semble se rallier à cette ligne, puisqu'elles demandent aux négociateurs de travailler selon un programme "dense" et de "parvenir à un accord avant la mise en place de l'Alca".

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