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Bulletin Quotidien Europe N° 13951
POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

Les pays du G7 conviennent de libérer 100 millions de barils de diesel et de pétrole brut, en réponse aux fortes tensions internationales sur l’énergie

Sous pression pour mobiliser leurs réserves d’hydrocarbures face à la flambée des prix de l’énergie, les dirigeants du ‘Groupe des sept’ (G7) sont convenus, à l’issue d’une réunion d’urgence en visioconférence, vendredi 2 octobre, d’une « mise sur le marché coordonnée, via l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) de 100 millions de barils, qui débutera immédiatement et s’étalera sur quatre mois ».

Les membres du G7 et leurs partenaires procéderont également à « une libération importante et concentrée en début de période de diesel dès les 20 premiers jours », selon un communiqué (https://aeur.eu/f/nqf ).

Cette décision doit permettre de faire face « à une volatilité sans précédent des marchés pétroliers ». Vendredi 2 octobre, les cours du pétrole et des produits pétroliers ont observé une baisse significative sur les marchés internationaux, en réponse à l'annonce du G7 (EUROPE 13951/2).

Cette mesure intervient également dans un contexte de fortes pressions des États-Unis. Le 23 septembre, des plans américains visant une possible interdiction des exportations de diesel durant 90 jours avaient été révélés dans la presse. Cette mesure devait notamment permettre de faire baisser les cours mondiaux du pétrole, en amont des élections de mi-mandat aux États-Unis. Washington avait alors démenti ces informations, tandis que le ministre américain de l'Énergie, Chris Wright, avait publiquement affirmé ne pas soutenir une telle décision (EUROPE 13948/8).

Jeudi, les responsables américains ont toutefois estimé que l'Europe devait accélérer l'utilisation des engagements déjà pris dans le cadre de l’AIE. Le président américain, Donald Trump, avait indiqué qu'il « pourrait » demander aux Européens d'utiliser leurs réserves. Le même jour, Chris Wright avait déclaré sur Fox News que « l'Europe [pouvait], elle aussi, contribuer à améliorer la situation » sur les marchés mondiaux, ajoutant qu’il était temps de procéder à une mise sur le marché coordonnée des stocks de diesel avant l'hiver.

L’UE rejette toute pression américaine. Une réunion d’urgence a été convoquée jeudi soir entre cinq pays européens (la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Irlande et l'Italie), selon Politico, afin de répondre « d’une seule voix » à la demande américaine et de faire en sorte que toute décision soit prise au niveau de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE).

Vendredi, l’UE a rejeté toute restriction des exportations du côté américain. « Une interdiction ne serait dans l’intérêt de personne. Elle saperait notre confiance envers les États-Unis en tant que partenaire fiable », a prévenu Anna-Kaisa Itkonen, porte-parole à la Commission européenne.

Par ailleurs, elle a réfuté l’idée que cette décision aurait été prise en réponse aux menaces américaines. La Commission européenne a rappelé qu’une mesure similaire avait déjà été prise en mars (EUROPE 13826/1), au plus fort de la crise dans le détroit d’Ormuz. « Notre priorité est de garantir la sécurité d’approvisionnement de nos États membres ». En ce qui concerne la décision de libérer des stocks, « nous participons à ce processus en tant que membres de l’AIE et c’est le rôle de la Commission européenne de coordonner la position de nos États membres », a ajouté la porte-parole.

Le groupe de travail de l’Union de l’Énergie de l’UE, présidé par la Commission, s’est également réuni, vendredi dans la matinée, en présence de l’Agence internationale de l’Énergie. La Présidence irlandaise du Conseil de l’UE « continuera de travailler en étroite collaboration avec les États membres et la Commission afin de suivre de près la situation énergétique mondiale », a fait savoir un diplomate à l’issue de cette réunion.

Les dirigeants du G7, de leur côté, ont affirmé maintenir « les sanctions contre la Russie tout en collaborant avec l'AIE et nos partenaires internationaux afin d'éviter de nouvelles répercussions sur les marchés du carburant, du gaz et d'autres matières premières ».

Les prix de l'énergie ont fortement augmenté dans la zone euro au cours du mois de septembre, faisant grimper l'inflation à 3,8%, son plus haut niveau depuis trois ans. (Juliette Verdes et Nadège Delépine)

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