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Bulletin Quotidien Europe N° 13888
Invasion Russe de l'Ukraine / Ukraine/russie

L’UE adopte des sanctions ciblées contre des responsables de la guerre d'agression, d’activités hybrides et de violations des droits de l’homme

Le Conseil de l’UE a adopté, lundi 15 juin, des sanctions à l’encontre de 34 personnes et 47 entités.

L’UE a notamment imposé des mesures restrictives à l’encontre de 7 personnes et 21 entités soutenant le complexe militaro-industriel russe et ses complices dans des pays tiers, y compris des fabricants et fournisseurs de drones. Parmi elles figurent la SA 'Association de recherche et de production Lavochkin', fondée par l'agence spatiale russe Roscosmos, les sociétés Rustakt, ASFPV et IONOS, et les entreprises chinoises Shenzhen Minghuaxin et Xinxiang Richful Lubricant Additive Company. ERA Military Innovation Technopolis et la Fondation pour les études avancées, deux organismes créés par le gouvernement russe pour développer des systèmes sans pilote à des fins militaires, font l’objet de sanctions.

Deux personnes – le fondateur de Coral Energy, Tahir Garayev, et Konstantin Rogach, courtier d’assurance maritime et associé de l’entreprise Maritime Risk Management – et 24 entités liées à l'expédition et à l'exportation de pétrole brut ou de produits pétroliers russes, notamment avec la ‘flotte fantôme’ russe, sont aussi sanctionnés. Il s’agit notamment de Lukoil-Western Siberia et d’entreprises basées en Russie, au Libéria, en Turquie, aux Émirats arabes unis, en Azerbaïdjan et à Hong Kong.

L’UE sanctionne en outre dix personnes et une entité liées aux activités hybrides de la Russie. Il s’agit notamment de plusieurs propagandistes russes : Anatoly Kuzichev, Kirill Fedorov, Roman Antonovskii et Maria Volkonskaya. Alexandra Jost, influenceuse sur les réseaux sociaux résidant en Russie, et Georgiy Shevkunov, évêque de l'Église orthodoxe russe, qui joue un rôle actif dans la diffusion de la propagande et de la désinformation russes, sont aussi concernés.

Enfin, une entité - la société de technologie de reconnaissance faciale IPJSC NTK - et quinze personnes - des magistrats et des procureurs russes, des membres des forces de l’ordre, du FSB et du personnel médical - considérées par l’UE comme impliquées dans la persécution, l’empoisonnement et la mort d’Alexeï Navalny - font l’objet de mesures.

Le Conseil a en outre décidé de reconduire les mesures restrictives introduites par l'UE en réponse à l'annexion illégale de la Crimée et de la ville de Sébastopol par la Fédération de Russie, et de prolonger ces mesures jusqu'au 23 juin 2027.

Voir les actes juridiques : https://aeur.eu/f/mch

Renforcer encore les sanctions. Au-delà de ces décisions, la Haute Représentante de l'UE, Kaja Kallas, a annoncé, à l'issue du Conseil à Luxembourg, que les ministres avaient « insisté sur la nécessité d'accélérer » le travail sur le 21e paquet de sanctions.

« Le moment est venu d'exercer encore plus de pression sur la Russie », a souligné la ministre suédoise Maria Malmer Stenergard. Dans une lettre datée du 11 juin à destination, notamment, de la présidente de la Commission, de la Haute Représentante et de la présidence du Conseil de l’UE, la ministre appelle à une adoption rapide du 21e paquet de sanctions, à la poursuite de mesures énergétiques fortes, y compris l’adoption de sanctions contre les principales entreprises pétrolières russes, mais aussi à une application stricte des règles contre la ‘flotte fantôme’ russe.

Voir la lettre : https://aeur.eu/f/mcs

Le ministre lituanien Kęstutis Budrys a été plus loin, regrettant une nouvelle fois que le paquet de mesures ne porte pas sur les groupes et compagnies énergétiques russes, dont Rosatom, Rosneft et Lukoil, ni sur l’interdiction des services maritimes. « C'est très important pour empêcher toute possibilité d'exploitation de la 'flotte fantôme' dans les ports européens et pour dissuader les entreprises européennes d’y participer », a-t-il expliqué.

Condamnation des dernières frappes sur Kiev. À leur arrivée au Conseil, la Haute Représentante et les ministres ont condamné les dernières frappes russes sur Kiev, notamment contre des civils et contre la cathédrale de la Dormition, l'une des églises que compte le complexe orthodoxe de la Laure des grottes de Kiev, inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO, les qualifiant d'« inacceptables ». Au moins neuf personnes seraient mortes. « Il s'agit là de crimes de guerre commis par la Russie », a dénoncé Kaja Kallas. Selon elle, l'attaque contre la cathédrale met en lumière « l'absurdité des prétentions de la Russie à être le défenseur du christianisme ». 

La cathédrale de la Dormition est « l'un des lieux les plus sacrés du monde chrétien », a souligné Kęstutis Budrys. « Pour la Russie, il n'y a pas de lignes rouges », a-t-il dénoncé.

Selon Kęstutis Budrys, au cours du seul mois de mai, plus de 8 000 missiles et drones ont été lancés sur Kiev. (Camille-Cerise Gessant)

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