« Nous maintenons notre position : nous ne souhaitons pas rouvrir le règlement 'méthane'. En revanche, nous prenons en compte les préoccupations relatives à sa mise en œuvre et des recommandations seront présentées prochainement », a déclaré Dan Jørgensen, le commissaire européen à l'Énergie, vendredi 26 juin, lors de la conférence de presse clôturant le Conseil 'Énergie' qui s'est tenu à Luxembourg.
Sa déclaration fait suite à une discussion en séance publique lors de ce Conseil, réclamée par la République tchèque et la Slovaquie (EUROPE 13894/11) et soutenue par un total de 12 États membres (l'Autriche, l'Allemagne, la Belgique, la Bulgarie, la République tchèque, l'Italie, la Lituanie, les Pays-Bas, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie et la Suède).
La sécurité énergétique reste l'argument principal. Lors d'un tour de table, la question de la sécurité énergétique européenne a été au centre des discussions, reprenant le narratif des lobbies industriels (EUROPE 13887/11) et des États-Unis, du Qatar, de l'Algérie et du Nigeria, qui ont adressé une lettre pour demander à l'UE d'abandonner ce règlement, mercredi 24 juin (EUROPE 13896/5).
« La mise en œuvre du règlement 'méthane' ne doit pas venir intentionnellement limiter l’accès au gaz, au pétrole brut et saper la compétitivité européenne et l’approvisionnement énergétique des foyers », a ainsi déclaré le ministre tchèque de l’Industrie et du Commerce, Karel Havlíček.
« Le problème, c'est que cette réglementation sur le méthane, avec ses restrictions à l'importation, serait tellement stricte que ces pays (les États-Unis, le Qatar, l'Algérie et le Nigeria) cesseraient de nous approvisionner », a déclaré la secrétaire d'État autrichienne en charge de l'Énergie, Elisabeth Zehetner. « Cela entraînerait une baisse de 43% pour le gaz et de plus de 80% pour le pétrole. Nous ne pouvons pas nous le permettre dans le contexte actuel ».
Pour autant, les obligations de ce règlement, qui devraient entrer en vigueur dès le 1er janvier 2027, prévoient uniquement des obligations de déclaration (MRV) des émissions de méthane lors d'importations de gaz, de pétrole et de charbon dans l'UE et la vérification de leur équivalence avec les normes européennes. (Nadège Delépine)