Les dirigeants européens ont pris note, vendredi 19 juin, « de l’intention de la Commission de présenter des options avant la réunion du Conseil du 13 juillet 2026, compte tenu de la détérioration croissante de la situation concernant les colonies illégales ». Lundi 15 juin, lors du Conseil 'Affaires étrangères', les ministres avaient demandé de telles options (EUROPE 13888/3).
Mais jusqu’à présent, la Commission européenne avait toujours refusé, publiquement, de préparer de telles options. « Nous avons formulé une demande claire, et le mois prochain, les ministres des Affaires étrangères discuteront des propositions que la Commission formulera », a expliqué le Premier ministre néerlandais, Rob Jetten.
Dans ses conclusions, le Conseil européen réitère sa condamnation des actions unilatérales d’Israël visant à étendre sa présence en Cisjordanie, « actions que la Cour internationale de Justice a déclarées illégales dans son avis consultatif du 19 juillet 2024 ». Selon le président français, Emmanuel Macron, le Conseil européen a discuté de l'« approfondissement de la différenciation sur le territoire d'Israël et les colonies illégales afin d'aligner (la) politique commerciale (de l'UE) avec le droit international ».
Les dirigeants européens ont exhorté le gouvernement israélien à mettre fin à l’expansion des colonies.
Mais cette condamnation pourrait ne pas suffire à l’adoption de mesures. À l’issue du sommet, le chancelier allemand, Friedrich Merz, a précisé que les dirigeants avaient « évoqué des mesures commerciales à l'encontre d'Israël ». « J'ai rejeté ces propositions au nom du gouvernement allemand », a-t-il prévenu.
Le Conseil européen s’est aussi montré plus mesuré qu’attendu concernant des sanctions à l’encontre des ministres extrémistes israéliens. Si dans les projets de conclusions précédents, les dirigeants invitaient le Conseil à poursuivre l’examen des mesures restrictives à l’encontre des ministres extrémistes, les dirigeants ont, dans le dernier texte approuvé, condamné le comportement de ministres extrémistes incitant à la violation des droits de l'homme et la promouvant, et ont pris note « que le Conseil continuera d'examiner les mesures à prendre à cet égard ».
La mesure ne fait pas l’unanimité au sein des États membres. À son arrivée au sommet, le Premier ministre slovène, Janez Janša, avait prévenu que son pays n’était « pas favorable, par exemple, à l'idée de parler de sanctions contre le gouvernement du seul pays démocratique du Moyen-Orient ».
À l’inverse, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a indiqué avoir défendu une « position ferme et constante », consistant notamment à « suspendre partiellement l’accord d’association avec Israël, sanctionner ceux qui font l’apologie du génocide et, bien sûr, interdire le commerce des produits fabriqués ou produits dans les colonies illégales qui s’établissent en Cisjordanie ».
Après l'accord États-Unis/Iran, la paix doit atteindre le Liban. Saluant l’accord obtenu entre les États-Unis et l’Iran, les dirigeants ont aussi appelé à ce que le Liban ne soit pas oublié. Vendredi, bien qu’un accord de cessez-le-feu ait été annoncé entre Israël et le Hezbollah, les frappes semblaient se poursuivre. Plus tôt dans la journée, le ministère de la Santé libanais avait annoncé la mort d’au moins 47 personnes et 97 blessés dans des frappes israéliennes.
« Un Moyen-Orient stable et pacifique requiert également un Liban stable et souverain. Nous soutenons les efforts des dirigeants libanais pour parvenir au désarmement du Hezbollah. Parallèlement, il est essentiel qu'Israël respecte la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban », a résumé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Voir les conclusions : https://aeur.eu/f/mgw (Camille-Cerise Gessant)