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Bulletin Quotidien Europe N° 11778
INSTITUTIONNEL / Hongrie

Le PPE recadre Viktor Orbán

Les dirigeants du Parti Populaire européen (PPE) ont demandé des explications au Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, sur ses initiatives illibérales heurtant l'esprit européen, samedi 29 avril à Bruxelles avant la tenue du sommet européen extraordinaire à vingt-sept consacré au Brexit.

Mercredi, la Commission européenne avait ouvert une procédure d’infraction à l’encontre de la Hongrie pour sa loi encadrant les activités des universités étrangères, une initiative visant directement l’Université d’Europe centrale fondée par le milliardaire George Soros (EUROPE 11775). Est aussi dans le collimateur de la Commission, mais à un stade plus précoce, la loi sur la transparence des universités. L'institution européenne a également réagi au questionnaire 'Stop Brussels', transmis à tous les ménages hongrois.

Le PPE veut que l'Université CEU reste ouverte

Privilégiant le dialogue pour surmonter les différends entre ses membres, la famille chrétienne-démocrate a interrogé M. Orbán sur ces trois développements. Dans un communiqué, le président du PPE, Joseph Daul, a estimé qu'après consultation avec la société civile et le monde académique, le parti est arrivé à la conclusion que « le dialogue n’était pas suffisant ».

« Après une conversation franche et ouverte » avec M. Orbán, le PPE a demandé au Fidesz - le parti de Viktor Orbán - de prendre « toutes les mesures nécessaires pour se conformer à la demande de la Commission ». « Nous n’accepterons pas que toute liberté basique soit restreinte ou que l’État de droit soit ignoré (...). Le PPE veut que l’Université d’Europe centrale reste ouverte », conclut le PPE.

D'après la chancelière allemande, Angela Merkel, Joseph Daul a expliqué clairement que, « premièrement, M. Orbán avait entendu les critiques et, si j’ai bien compris, que le Premier ministre hongrois serait prêt à revoir sa position ». Et d'ajouter: « Ce qui importe, (...) ce sont les résultats concrets ». Encore plus ferme, le leader du groupe PPE au Parlement européen, l'Allemand Manfred Weber, a mis en garde M. Orbán contre les « conséquences » que pourraient entrainer son attitude.

Le leader du Fidesz a tenté de rassurer ses pairs: « Nous avons une querelle avec la Commission, nos discussions produiront des résultats, et nous appliquerons ce qu'il en résultera », a déclaré M. Orbán.

Mais la question de l'exclusion du Fidesz du parti PPE n'est pas à l'ordre du jour. (Elodie Lamer avec Pascal Hansens)