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Bulletin Quotidien Europe N° 11144
PRINCIPAUX RÉSULTATS DE
LA RÉUNION EXTRAORDINAIRE
DU CONSEIL EUROPÉEN
(30 AOÛT 2014 - BRU /
(ae) institutionnel

M. Tusk élu président du Conseil européen - Mme Mogherini nommée Haute représentante

Bruxelles, 30/08/2014 (Agence Europe) - Les Vingt-huit ont mis un terme, samedi 30 août à Bruxelles, aux nombreuses spéculations entourant les dernières nominations aux postes de haut niveau au sein des institutions de l'UE. Après avoir nommé le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker le 27 juin dernier, le Conseil européen a décidé, sans surprise, d'élire le Premier ministre polonais Donald Tusk au poste de président du Conseil européen. Il a aussi nommé la ministre italienne des Affaires étrangères Federica Mogherini au poste de Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité (le Parlement européen devra confirmer cette nomination puisqu'il votera sur la désignation des membres de la Commission européenne). M. Tusk sera élu pendant un mandat (renouvelable une fois) de deux ans et demi, du 1er décembre 2014 au 31 mai 2017. Mme Mogherini succèdera au poste de Catherine Ashton à compter du 1er novembre prochain et occupera cette fonction de Haute représentante de l'UE jusqu'au 31 octobre 2019.

Les décisions sur le prochain cycle institutionnel ont été prises avec le « plein appui du Conseil européen », a dit le président sortant du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Ce succès est le fruit « de plusieurs tours de consultation durant l'été ».

Alors que la candidature de Mme Mogherini avait suscité des controverses lors du Conseil européen du 16 juillet en raison de sa proximité supposée avec le Kremlin, un équilibre a pu être trouvé en la personne de Donald Tusk, partisan affiché d'une ligne ferme vis-à-vis de Moscou. Ces derniers jours, le consensus s'était forgé autour de ces deux noms, les pays de l'Est de l'UE pouvant ainsi accepter le choix de la jeune italienne et jouir également du prestige d'une représentation à l'international. Car, pour la Pologne, pays entré dans l'UE en 2004, c'est une consécration et « un Sommet très important pour mon pays », a dit Donald Tusk.

C'est aussi une victoire de la chancelière Angela Merkel qui avait favorisé le choix du Polonais dès la mi-juillet. Maîtrisant moyennement l'anglais, faiblesse qu'il a promis de corriger d'ici au 1er décembre, date de son entrée en fonction, Donald Tusk ne parle pas le français mais maîtrise parfaitement l'allemand. En évoquant ses priorités devant la presse, le Polonais a indiqué qu'il se concentrerait sur la croissance mais aussi la discipline budgétaire. « La croissance est aussi importante que la discipline budgétaire », a dit le Premier ministre. « Il faudra trouver une voie entre les deux pour atteindre les mêmes objectifs ».

Angela Merkel n'a pas tari d'éloges sur Donald Tusk, en déclarant: « La Pologne a contribué significativement - et Donald Tusk à titre personnel - à ce que la division de l'Europe puisse être surmontée. M. Tusk est un Européen passionné, convaincu et qui sait convaincre, et je suis certaine que c'est précisément ce qu'il apportera dans ses activités en qualité de président du Conseil européen ».

La relation de la Pologne par rapport à la monnaie unique devrait aussi s'en trouver impactée. « L'avenir de la Pologne passe par la zone euro », a dit Donald Tusk. « Je ferai de mon mieux pour atteindre cet objectif », même si cela relève d'une « décision souveraine des Polonais », a-t-il ajouté. Le Premier ministre polonais, qui est désigné également président du sommet de la zone euro, a aussi insisté sur un chantier crucial: la place du Royaume-Uni dans l'UE, considéré également par M. Van Rompuy comme l'un des dossiers les plus brûlants des prochaines années. « Il n'y a pas d'avenir de l'UE sans le Royaume-Uni », a jugé M. Tusk. « David Cameron et moi sommes à l'unisson sur ce sujet donc ses propositions de réforme doivent être prises en compte », a poursuivi le Polonais.

Federica Mogherini a rapidement dû se justifier sur son expérience et sur une position jugée par certains comme trop conciliante à l'égard du Kremlin. L'Italienne est jeune (41 ans), elle certes ministre depuis six mois, mais elle a « étudié depuis plus de vingt ans les dossiers internationaux et européens ». Elle a rappelé que le Premier ministre de son pays (Matteo Renzi, 39 ans) était plus jeune qu'elle, ce qui est le cas aussi d'autres Premiers ministres. « C'est une nouvelle génération de dirigeants qui arrive », a souligné l'Italienne. Décrivant brièvement ce que sera sa position dans le conflit russo-ukrainien, elle a expliqué que « la voie militaire n'est pas la bonne solution. Nous travaillons sur les sanctions tout en gardant le canal diplomatique ouvert ». « J''emploierai tout mon travail, mes énergies et mon dévouement à opérer dans l'intérêt de tous les États membres et de tous les citoyens européens », a encore assuré Mme Mogherini.

Collège de M. Juncker. La nomination de Mme Mogherini étant acquise, le président de la Commission Jean-Claude Juncker va pouvoir s'atteler à la finalisation de son équipe. Le Luxembourgeois questionnera la semaine prochaine tous les candidats et devrait présenter son équipe et la répartition des portfolios dans la semaine du 8 septembre. Mais l'équation de la représentation féminine n'est pas résolue, même si le Danemark a désigné une cinquième femme candidate à la Commission en la personne de Margrethe Vestager (qui appartient au parti ADLE). Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a semblé samedi ouvrir une porte à une Commission Juncker qui compterait un peu moins que neuf femmes (chiffre de la Commission actuelle) si elle disposait d'un programme d'action convaincant. « Il y a un risque réel de rejet de la Commission Juncker si le nombre de femmes est significativement plus réduit que dans la Commission Barroso 2 », a mis en garde l'Allemand. (SP avec AN/MB/MD/FG/EL/CG/LC)