Bruxelles, 30/05/2014 (Agence Europe) - Le ministre italien de l'Économie et des Finances, Pier Carlo Padoàn, a évoqué, mercredi 28 mai au Parlement national, trois axes d'action au niveau européen qui permettraient de stimuler la croissance.
M. Padoàn a plaidé pour « un renforcement de l'initiative 'EUROPE 2020' », cette stratégie européenne mise en oeuvre depuis mars 2010 autour de sept initiatives phare: l'innovation, l'économie numérique, l'emploi, la jeunesse, l'industrie, la réduction de la pauvreté et l'utilisation efficace des ressources. Le ministre est d'avis qu'il convient de « lier davantage et plus clairement les objectifs et les instruments disponibles », à travers notamment « l'approfondissement du marché intérieur » et le soutien aux « accords d'intégration commerciale transatlantique ». La stratégie 'EUROPE 2020' fait l'objet d'une consultation publique ouverte jusqu'en octobre (EUROPE 11072).
Sur le plan économique, M. Padoàn préconise de « mieux exploiter le potentiel des réformes structurelles » en interaction avec le processus de consolidation budgétaire qui devrait être amélioré « sur le plan qualitatif ». En outre, l'ancien économiste en chef de l'OCDE a vu d'un bon oeil l'activation d'instruments financiers qui permettent de faire effet de levier en faveur d'investissements publics en attirant l'investissement privé, comme par exemple « de nouvelles règles financières et de nouvelles ressources à destination de la BEI ».
Au 1er juillet, l'Italie assumera la présidence du Conseil de l'Union européenne. La victoire éclatante du Partito Democratico aux élections européennes fournit au Premier ministre social-démocrate, Matteo Renzi, l'occasion de peser dans le débat sur l'orientation stratégique de la Commission européenne 2014-2019, initié lors du récent sommet européen informel (EUROPE 11089). Favorable à un Pacte de stabilité et de croissance qui traite favorablement l'investissement propice à la croissance, il n'a pas remis en cause les objectifs du Pacte de stabilité et de croissance. L'Italie ne fait plus l'objet d'une procédure pour déficit excessif.
Mercredi, l'institut italien des statistiques (Istat) a dressé un tableau mitigé de la situation économique dans la péninsule. « Le principal élément de risque pour l'évolution de la dette publique de notre pays résulte actuellement de la faible dynamique du PIB et du différentiel entre les taux d'intérêt et le taux de croissance de l'économie », a-t-il indiqué dans son rapport annuel.
Comme la Commission européenne, l'institut statistique table sur une croissance en Italie de 0,6% du PIB en 2014, contre 0,8% selon le gouvernement italien. La dette publique devrait atteindre 134,9% du PIB (135,2% selon la Commission), contre 132,6% en 2013.
Saluant le fait que l'Italie soit le seul pays de l'eurozone capable de dégager un excédent budgétaire (hors service de la dette) supérieur à 2% du PIB, l'Istat pointe néanmoins les effets pervers de l'austérité et des manoeuvres fiscales restrictives (75 milliards d'euros en 2012 et 93 milliards d'euros en 2013). (MB)