Budapest, 07/01/2011 (Agence Europe) - La présidence hongroise et la Commission européenne partagent l'avis que les questions économiques et financières doivent figurer au premier plan de l'agenda européen des six prochains mois, même si, pour l'instant, les polémiques autour de la loi hongroise sur les médias continuent à jeter une ombre sur cette jeune présidence. Sortir l'UE de la crise économique, jeter les bases pour une croissance durable et pour la création d'emplois en Europe, renforcer la gouvernance économique et stabiliser la zone euro sont très clairement les « priorités numéro un » de la présidence hongroise, a souligné le Premier ministre Viktor Orban après la réunion entre son gouvernement et le collège des commissaires européens le 7 janvier à Budapest. Si, au cours des six prochains mois, les 27 parviennent à amender le traité de Lisbonne pour permettre la création du mécanisme permanent de stabilisation de la zone euro, à adopter les six propositions législatives de la Commission sur le renforcement de la gouvernance économique et à bien gérer le premier 'semestre européen' sur la coordination des politiques économiques et budgétaires, alors l'UE et l'euro seront dans un « meilleur état qu'aujourd'hui », a dit M. Orban lors de la conférence de presse commune avec M. Barroso.
Gouvernance économique. Le président de la Commission dit soutenir à 100% le programme hongrois « car la stabilité financière, la croissance économique et la création d'emplois sont les principales demandes des citoyens », a-t-il souligné. « La demande de plus de gouvernance économique et de coordination des politiques économiques ne vient pas seulement des fédéralistes européens, mais ce sont les marchés qui réclament davantage de coordination au niveau européen », a affirmé M. Barroso.
Il espère que ses six propositions législatives sur la gouvernance pourront être adoptées par le Conseil et le Parlement avant la fin de la présidence hongroise. M. Barroso a annoncé que la Commission lancera la semaine prochaine (12 janvier) le processus pour le premier 'semestre européen' en présentant les prévisions annuelles de croissance. Elle se focalisera sur les « mesures clés » qui devront être prises dans les États membres dans trois domaines primordiaux: consolidation budgétaire, réformes structurelles et mesures de stimulation de la croissance.
Énergie. Progresser vers la création d'un marché intérieur de l'énergie sera une autre priorité importante de la présidence hongroise, a dit M. Orban. Le Conseil européen du 4 février (entièrement consacré à l'énergie et l'innovation) doit déclarer la volonté de l'UE de libéraliser les marchés de l'énergie et de créer des interconnexions énergétiques, a-t-il dit. La préparation du Conseil européen n'est pas dans les mains des Hongrois (mais de Herman Van Rompuy, Ndlr), « mais ce que la présidence hongroise peut apporter en plus à la préparation de ce sommet européen sur l'énergie est que nous allons conclure, d'ici là, un accord intergouvernemental avec la Slovaquie sur l'interconnexion de nos réseaux énergétiques, dans l'espoir que la Pologne fera de même avec la Slovaquie. Il y aura donc des accords en place pour la création d'un réseau énergétique reliant la mer Baltique à l'Adriatique » via la Croatie, a dit le Premier ministre.
Élargissement, Schengen, Roms. M. Orban a aussi réitéré son attachement à la conclusion des négociations d'adhésion avec la Croatie et à l'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l'espace Schengen. Il souhaite aussi que le Conseil européen de juin adopte la stratégie européenne sur les Roms.
Loi sur les médias. Ayant manifestement pris conscience de la débâcle médiatique causée par la loi sur les médias et soucieux de ne pas laisser cette controverse torpiller sa présidence européenne, M. Orban a réitéré vendredi sa volonté de revoir certaines dispositions de cette loi si l'examen juridique de la Commission devait conclure qu'elles sont contraires au droit communautaire ou aux principes et valeurs de l'UE. Il n'a plus insisté, comme il l'avait fait la veille (EUROPE d'hier), sur le fait que Budapest n'acceptera des changements seulement si les autres pays membres, qui ont des dispositions identiques dans leurs lois sur les médias, feront les mêmes modifications. « Nous ferons de notre mieux pour éviter que cette question jette une ombre sur notre présidence », a dit M. Orban qui est cependant « sûr » que la loi hongroise est parfaitement en ligne avec les principes, valeurs et directives de l'UE. Le gouvernement hongrois est aussi prêt à revoir la loi si au cours de son application de réels problèmes de liberté de la presse devaient apparaître. José Manuel Barroso s'est réjoui devant la presse d'avoir reçu de M. Orban « l'assurance que cette loi a été rédigée et sera mise en œuvre en respectant entièrement les valeurs européennes, la liberté de la presse et les différentes législations européennes ». « Le Premier ministre s'est également engagé à faire les amendements nécessaires au cas où la Commission, après son analyse juridique, devrait juger que cela n'est pas le cas pour tous les aspects de la loi », a ajouté le président de la Commission. L'examen juridique ne commencera qu'une fois que la loi aura été officiellement notifiée à la Commission, ce qui n'était pas encore le cas vendredi. En attendant, M. Barroso garde sa « pleine confiance » dans l'État de droit et la démocratie hongroise. « Il n'y a pas de doute là-dessus », a-t-il dit. (H.B.)