« La traite des êtres humains aux fins d’exploitation criminelle est en hausse en Europe. Il est urgent que les gouvernements prennent des mesures pour protéger les victimes contre les groupes criminels qui exploitent leurs vulnérabilités et pour éviter qu’elles soient considérées comme des délinquantes », alerte le Groupe d’experts sur la lutte contre la traite des êtres humains du Conseil de l’Europe (GRETA) dans son rapport 2025, publié vendredi 12 juin.
Pauvreté, sans-abrisme, chômage, statut migratoire précaire, handicap et addictions sont autant de facteurs de vulnérabilité exploités par des trafiquants recrutant souvent en ligne et s'attaquant volontiers à des mineurs non accompagnés, des enfants placés en foyer ou issus de minorités défavorisées, pour contraindre ces personnes à commettre des infractions souvent liées à d’autres formes de criminalité organisée telles que le trafic de drogue, les infractions contre les biens, le trafic de migrants, le blanchiment d’argent, les escroqueries en ligne, etc.
« Le fait de ne pas les identifier comme victimes de la traite des êtres humains a pour conséquence qu’elles sont arrêtées, poursuivies en justice, emprisonnées ou expulsées », souligne Conny Rijken, présidente du GRETA. Il s'agit d'une procédure qui peut être contraire à la disposition de non-sanction de la convention anti-traite du Conseil de l´Europe, qui exige des États parties de prévoir la possibilité de ne pas imposer de sanctions aux victimes de la traite pour avoir pris part à des activités illicites lorsqu’elles y ont été contraintes.
Lien vers le rapport : https://aeur.eu/f/mbg (Véronique Leblanc)