Les funérailles de Ratko Mladić ont donné lieu, lundi 7 septembre, à Belgrade, à une cérémonie qui, sans avoir le statut de cérémonie d’État, en avait tous les attributs. Les ministres serbes de la Culture, de la Défense et de la Justice, des représentants de l’armée, des membres du gouvernement de la Republika Srpska, ainsi que le fils du président, Aleksandar Vučić, y ont notamment assisté.
Cette présence d’officiels a poussé l’UE à réagir de nouveau, lundi 7 septembre. « Toute glorification de criminels de guerre, négation du génocide et révisionnisme contredisent les valeurs européennes les plus fondamentales et n’ont leur place ni dans l’UE ni dans les pays candidats à l’adhésion », a rappelé le Service européen pour l’action extérieure (SEAE). Ratko Mladić, ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, avait été condamné à la prison à perpétuité pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.
La tension était déjà montée, vendredi, après l’annonce par la commissaire à l’Élargissement, Marta Kos, de l’annulation d’une visite prévue à Belgrade (EUROPE 13931/23). Le président Vučić avait répliqué en qualifiant l'explication de la commissaire « de stupide, comme d’habitude ».
Pour l’UE, cet incident constitue un nouveau test de l’alignement de la Serbie, pays candidat, sur les 'valeurs européennes'. Interrogée sur un éventuel impact de cet incident sur le déplacement de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans les Balkans occidentaux à la fin du mois, une porte-parole de la Commission a indiqué que le programme était encore en cours d’élaboration, sans préciser si la Serbie figurait initialement parmi les pays visités. (Louis Dubar)