Bruxelles, 10/09/2004 (Agence Europe) - Le Conseil "Relations extérieures" qui se réunira lundi sous la présidence de Bernard Bot, ressemblera beaucoup à un "remake" de la réunion informelle ("Gymnich") des ministres des Affaires étrangères du week-end dernier à Valkenburg, avec pratiquement les mêmes sujets à l'ordre du jour: Asem, Iran, Soudan (Darfour), Irak, les Grands Lacs, Serbie-Monténégro, Bélarus. Les ministres se réuniront aussi pour une courte session "Affaires générales", avec les prochaines perspectives financières comme seul point à l'ordre du jour (voir nouvelle p.9).
ASEM. Le Conseil devrait adopter des conclusions qui formaliseront l'accord qui est intervenu lors du "Gymnich" à propos de la tenue du Sommet de l'Asem le 8 octobre prochain à Hanoï. Selon le compromis dégagé à Valkenburg, la Birmanie pourra être représentée au Sommet UE/Asem, mais à un niveau inférieur que celui de chef de gouvernement. En outre, si le régime du pays n'aura pas satisfait d'ici le 8 octobre aux trois demandes formulées par l'UE lors du précédent Gymnich à Tullamore (dont notamment la libération de Daw Aung San Suu Kyi et la tenue d'une Convention nationale avec la participation de la "National League for Democracy"), l'UE non seulement maintiendra ses sanctions en place contre le régime militaire, mais elle les renforcera même davantage (voir détails dans EUROPE du 7 septembre, p.5). Parallèlement, les mesures de soutien en faveur du peuple birman seraient augmentées. Dans leurs conclusions, les ministres inviteront la Commission à préparer ces nouvelles mesures (sous forme d'une nouvelle position commune révisée). Un seul point d'interrogation subsiste: la France (qui n'était pas représentée par son ministre des Affaires étrangères à Valkenburg) - apparemment soutenue par l'Espagne et le Portugal - souhaite obtenir des clarifications sur le compromis issu du "Gymnich". Certains parlent de "réelles objections" que Paris aurait contre la perspective d'un durcissement des restrictions aux nouveaux investissements en Birmanie (la compagnie pétrolière Total, par exemple, est le premier investisseur dans le secteur pétrolier et gazier de Birmanie). Vendredi, la Présidence néerlandaise était confiante que les conclusions pourront, comme prévu, être adoptées lundi.
Soudan (Darfour). Suite au débat de Valkenburg, les ministres adopteront des conclusions, notamment à la lumière du rapport du Représentant spécial de l'Onu, Jan Pronk. Le projet de conclusions stipule que l'UE reste "extrêmement inquiète" de la situation sur place. Les conclusions confirmeront aussi ce que M.Bot avait déjà expliqué à l'issue de la réunion de Valkenburg (voir EUROPE du 7 septembre, p.4), à savoir que l'UE n'exclut pas de prendre des sanctions contre le gouvernement soudanais au cas où il n'y aurait pas rapidement de "progrès tangibles" dans la mise en oeuvre de la résolution 1556 du Conseil de sécurité de l'Onu. Les 25 réitèreront aussi leur volonté de renforcer l'aide apportée à la mission d'observation de l'Union africaine à Darfour - par exemple par l'envoi d'experts et de forces de police.
Irak. Suivant la discussion à Valkenburg, les ministres adopteront des conclusions qui préciseront notamment les prochaines étapes que l'UE voudrait franchir pour aider le gouvernement intérimaire, à savoir: - approfondir et élargir le dialogue politique avec le gouvernement intérimaire. Une rencontre entre la Troïka de l'UE et des représentants du gouvernement irakien est prévue encore ce mois-ci, en marge de l'Assemblée générale de l'Onu à New York; - étudier davantage les activités que la mission exploratoire de l'UE (qui était revenue de Bagdad la semaine dernière) a suggérées pour aider le gouvernement irakien: aide à la gestion de crises civiles, formation de policiers, aide au développement d'un Etat de droit et d'une administration publique efficace. Sur ce point, le Conseil devrait lundi inviter le secrétariat général du Conseil et la Commission à préparer une nouvelle mission exploratoire de l'UE à Bagdad, dont la tâche serait de préparer - pour le Conseil européen du 5 novembre - un paquet de propositions concrètes d'assistance. Les ministres devraient aussi confirmer lundi la participation du Premier ministre Iyad Allawi au Conseil européen de novembre. Le Conseil devrait aussi exprimer lundi son soutien de principe à une "contribution substantielle" de l'UE au financement de la force de protection des agents de l'Onu présents à Bagdad. Des problèmes juridiques se posent (le Traité ne permet pas ce genre de dépenses exclusivement militaires), mais la Commission est en train d'examiner comment l'UE pourrait financer des éléments non-militaires de cette force de protection de l'Onu.
Iran. Le dossier nucléaire sera une nouvelle fois discuté par les ministres, alors que le Conseil d'administration de l'AIEA se réunira au même moment (13 septembre) à Vienne pour examiner la situation en Iran sur base du rapport de M.El-Baradei. Le Conseil devrait lancer un nouvel appel aux autorités iraniennes pour qu'elles coopèrent entièrement avec l'AIEA.
Grands Lacs. Il était initialement prévu que les ministres fassent le point sur la situation dans la région des Grands Lacs africains pendant le déjeuner, mais la Belgique demande que le sujet soit discuté en session formelle, suivi de l'adoption de conclusions. Vendredi, la Présidence néerlandaise n'avait pas encore décidé comment elle allait procéder lundi.
Bélarus. A la demande de la Lettonie, le Conseil aura un échange de vues sur la situation en Bélarus, notamment sur l'intention annoncée par le Président Alexandre Loukachenko d'organiser le 17 octobre prochain un référendum en vue de briguer un troisième mandat - ce que lui interdit actuellement la constitution. Le Conseil devrait adopter des conclusions dans lesquelles elle regrette la tenue d'un tel référendum "bidon" contraire aux règles d'un Etat de droit. Du côté de la Commission, on n'exclut pas que l'UE puisse même aller au-delà en prenant des sanctions contre le régime de Loukachenko, par exemple en matière de visa ou de gel des avoirs. Les Etats-Unis ont également exprimé de "graves doutes" sur la régularité du référendum annoncé.
Serbie-Monténégro. Sous divers, et à la demande de la Hongrie, le Conseil se penchera aussi sur la situation de la minorité hongroise dans la province serbe de Voivodina.
Mardi (14 septembre) auront encore lieu des Conseils de coopération avec l'Arménie, l'Azerbaïdjan et la Géorgie. Dans l'après midi, une réunion du Conseil de Stabilisation et d'Association est prévue avec l'ancienne république yougoslave de Macédoine (Arym).