Schwerin, 31/07/2002 (Agence Europe) - Comme nous l'avons indiqué, le 79ème Sommet franco-allemand du 30 juillet à Schwerin a fait une large place aux questions de sécurité et de défense. A l'issue du Conseil de défense et de sécurité franco-allemand qui s'est réuni à cette occasion, France et Allemagne ont estimé dans un communiqué que l'UE "doit rapidement poursuivre le renforcement de ses moyens en matière de politique de sécurité et de défense" et se sont engagés à "conduire les efforts nécessaires" pour renforcer les "moyens d'action civils et militaires européens". En outre, ils ont signé un accord sur la mise en commun des systèmes français Helios II et allemand SAR-Lupe pour "contribuer à la création d'une capacité de reconnaissance satellitaire indépendante de l'UE", et ont confirmé "leur engagement" en faveur de l'avion de transport militaire européen A 400M.
La Frankfurter Allgemeine indique par ailleurs que le ministre français des Affaires étrangères Dominique de Villepin a salué la proposition du Premier ministre belge Guy Verhofstadt d'inscrire dans un futur traité de l'UE une clause de garantie mutuelle entre Etats membres (voir EUROPE du 24 juillet, p.5). Selon la FAZ, un représentant du gouvernement allemand a dit que ce dernier n'aurait "pas de problème" avec une telle clause, mais que ce n'était "pas malin" de la part de Guy Verhofstadt d'avoir écrit seulement à Tony Blair et à Jacques Chirac, car l'initiative concerne toute l'Union.
Dans la conférence de presse finale, le Président Chirac a dit que "plus que jamais, il est évident que l'accord entre Allemands et Français est une condition sine qua non de la construction européenne. C'est un problème presque mécanique", et le Chancelier Schröder a assuré que "nous entendons parvenir à une position commune sur les dossiers européens afin que Copenhague soit une réussite". Au sujet des divergences franco-allemandes sur la réforme de la politique agricole commune, M.Schröder (qui a parlé à ce propos de "petites différences"), a estimé qu'il "est possible de dégager un compromis entre la France et l'Allemagne afin que nous puissions parler d'une même voix à Copenhague". Un groupe de travail sera créé , "d'octobre à décembre", pour arrêter "une position commune, germano-française" sur "les problèmes de l'agriculture, du financement, des contributions de chaque pays", a confirmé Jacques Chirac. Des groupes de travail seront constitués aussi sur la Convention européenne (groupe présidé par les représentants des deux gouvernements à la Convention, Peter Glotz et Pierre Moscovici) et sur la PESD .
Devant la presse, Jacques Chirac a aussi dit: "Je ne veux pas imaginer une attaque contre l'Irak (...), elle ne pourrait, le cas échéant, être justifiée que si elle était décidée par le Conseil de sécurité".
France et Allemagne on décidé de tenir des sommets informels tous les mois (actuellement, toutes les six à huit semaines), et M.Chirac dînera chez M. Schröder, à Hanovre, fin août ou début septembre.