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Bulletin Quotidien Europe N° 8114
EDITION SPÉCIALE POUR LE CONSEIL EUROPÉEN DE LAEKEN / (eu) ue/conseil europeen de laeken

Guy Verhofstadt salue l'adoption d'une Déclaration de Laeken « sans tabous » - La Convention sera présidée par Giscard d'Estaing, secondé par Dehaene et Amato - La décision sur le paquet "sièges" est reportée, l'Autorité alimentaire et Eurojust provisoirement à Bruxelles et à La Haye

Laeken, 16/12/2001 (Agence Europe) - Le Conseil européen de Laeken des 14 et 15 décembre a réussi sa principale ambition: adopter une Déclaration sur l'avenir de l'Europe ouvrant la voie à la future grande réforme de l'Union. Le Sommet a aussi obtenu des résultats positifs en ce qui concerne le rôle de l'Europe sur la scène internationale, mais il n'a pas pu régler définitivement la question des sièges d'une douzaine d'agences, et a clôturé ses travaux par des décisions provisoires pour l'Autorité alimentaire et Eurojust.

La Déclaration de Laeken « pose toutes les questions fondamentales sur l'avenir de l'Europe dans un monde en pleine globalisation (….) Il n'y a plus de tabous (…). Il faut oser poser toutes les questions qui passent d'habitude sous silence ». C'est le constat fait samedi à Laeken devant la presse par Guy Verhofstadt, un Président du Conseil européen satisfait de l'adoption d'une Déclaration sur l'avenir de l'Europe dans laquelle il s'était personnellement engagé à fond, et qui n'a été modifiée que sur des points de détail suite à la discussion de vendredi soir (la partie qui critiquait les défaillances de l'Europe avait déjà été raccourcie et atténuée dans la dernière version donnée vendredi aux chefs d'Etat et de gouvernement, et les termes "crise d'identité" avaient été en particulier effacés. M.Verhofstadt a donné des exemples de tabous brisés dans la déclaration, qui pose, à l'intention de la Convention qui préparera la future CIG, une série de questions, sur: la perspective d'« avoir une Constitution pour les citoyens européens », « l'élection directe » du Président de la Commission européenne, le maintien ou non de la rotation semestrielle de la Présidence du Conseil de l'UE, la redéfinition de la répartition des compétences, qui doit être « un exercice dans les deux sens », entraînant un plus grand rôle européen en matière de défense, politique étrangère, immigration, criminalité, mais aussi des changements des instruments de l'UE, pour les réduire (ils sont une trentaine ) et « revenir à la législation cadre » comme instrument principal.

Quant à la Convention qui, à partir de mars 2002, préparera la prochaine Conférence intergouvernementale, Guy Verhofstadt a annoncé qu'elle aura un Président, l'ancien Président de la République française Valéry Giscard d'Estaing, et deux vice-présidents, les anciens Premiers ministres belge et italien Jean-Luc Dehaene et Giuliano Amato, qui feront partie d'un Présidium de douze personnes, donc, nettement plus vaste que prévu (cinq personnes d'abord, huit ensuite). Puisque la Convention aura une centaine de membres, un Présidium élargi sera plus représentatif, a estimé M.Verhofstadt, qui a précisé que siégeront dans cet « organe directeur, dynamisant » deux représentants de la Commission européenne (ce seront Michel Barnier et Antonio Vitorino, « les plus experts des questions institutionnelles », a indiqué Romano Prodi pendant la même conférence de presse), deux du Parlement européen (un sera sans doute Inigo Mendez de Vigo, l'autre probablement Klaus Hänsch: NDLR), deux des parlements nationaux (l'un d'eux pourrait être le travailliste britannique David Miliband, qui faisait partie du « Groupe de Laeken » qui a assisté Guy Verhofstadt dans la rédaction de la déclaration sur l'avenir de l'Europe, a indiqué le Premier ministre belge) et trois représentants des Présidences du Conseil successives -espagnole, danoise et grecque. M . Verhofstadt a aussi indiqué que le rapport de la Convention pourra faire des recommandations, là où il parvient à un consensus, ou, s'il n'y arrive pas, des options, en indiquant « quel est le soutien aux différentes options, s'il est large ou plutôt minoritaire » ; « il faudra préciser de quel côté penche la balance », a-t-il noté (si nous avions voulu une simple liste d'options, nous aurions consulté des experts de droit européen, a-t-il commenté). Interrogé sur le pourquoi d'une présidence à trois, M.Verhofstadt a expliqué: avec MM Dehaene et Amato, le « Groupe de Laeken », qui a tant travaillé à la préparation du texte que nous avons adopté aujourd'hui, est fortement représenté au sein de la Convention. A la question de savoir si Valéry Giscard d'Estaing est la personne la plus appropriée pour faire passer le bon message aux jeunes générations, M.Verhofstadt a dit qu'il ne pensait pas que M.Giscard d'Estaing ait « un handicap », et a ajouté: « il est bien entouré… ». L'ancien ministre polonais des Affaires étrangères Bronislaw Geremek était aussi membre du « Groupe de Laeken » (comme Jacques Delors: NDLR), pourrait-il siéger au Présidium ? Les pays candidats pourraient y être par le biais de leur parlement, mais comme M.Geremek n'est plus parlementaire, je ne peux que suggérer au Premier ministre Miller de le désigner comme son représentant, a répondu M.Verhofstadt. Quant à la durée des travaux de la Convention, M.Verhofstadt a précisé que la référence à une clôture des travaux en juin 2003 avait été effacée des Conclusions parce que certaines délégations avaient souhaité que la CIG s'achève dès la fin 2003 (en particulier l'Italie, qui présidera le Conseil pendant le deuxième semestre, et qui tenait beaucoup à ce que l'objectif de conclure à la fin de 2003 figure dans la déclaraiton, mais qui n'a pas obtenu satisfaction) et qu'il fallait laisser une « période de réflexion suffisante » entre la fin de la Convention et le début de la Conférence intergouvernementale.

C'est une déclaration « forte et optimiste », a commenté Romano Prodi, en notant: nous avons deux mois pour préparer la Convention, et la Commission engage toutes ses forces pour y contribuer.

Samedi matin, lors d'un premier tour de table, le Président Chirac avait présenté à ses collègues la candidature de Valéry Giscard d'Estaing, qui obtenait le soutien de Silvio Berlusconi (après avoir annoncé qu'il retirait la candidature de Giuliano Amato), José Maria Aznar, Gerhard Schröder et Wolfgang Schüssel, alors que Tony Blair demandait à refléchir. Costas Simitis et Antonio Guterres défendaient alors la candidature de Jacques Delors, et Anders Fogh Rasmussen, Paavo Lipponen et Göran Persson indiquaient que le Président de la Convention devrait être une personnalité connaissant bien, en particulier, le fonctionnement des Conseils européen - ce qui semblait aller dans le sens d'une candidature Kok… Ensuite, interruption de séance, après laquelle Verhofstadt venait proposer ses trois noms, qui étaient acceptés. (Lors d'un entretien bilatéral avec Guy Verhofstadt, l'intransigeance du Président Chirac au sujet de la candidature de Valéry Giscard d'Estaing avait été, semble-t-il, totale).

M. Verhofstadt justifie son refus d'entrer dans les marchandages nocturnes sur les sièges

Le Sommet de Laeken se sera finalement achevé vers 20 heures samedi, sans parvenir à un accord sur la répartition des sièges des agences et observatoires européens entre les Etats membres. Reportée à la fin du Sommet, la décision a finalement été bloquée par la France, qui insistait pour obtenir le siège de la future Agence de la sécurité maritime à Nantes, l'Italie qui a lutté jusqu'au bout pour installer l'Agence de la sécurité alimentaire à Parme, et la Suède, déçue que l'idée d'une Agence de la sécurité informatique, qu'elle avait lancée, soit bradée.

La présidence belge avait proposé la répartition suivante: 1) l'Agence alimentaire à Helsinki, 2) l'Agence de la sécurité martime à Lisbonne, 3) Eurojust à La Haye, 4) le Collège européen de police à Bramshill près de Londres, 5) l'Agence de la sécurité aérienne à Cologne, 6) l'Observatoire pour la migration et l'asile à Athènes, 7) l'Agence de la sécurité ferroviaire à Lille, 8) l'Agence communautaire pour la gestion des visas à Strasbourg, 9) l'Agence de la protection civile à Milan, 10 ) la Police des frontières à Rome, 11) l'Agence de la sécurité informatique à Barcelone, 12) l'Observatoire des drogues aurait été déplacé de Lisbonne à Paris.

Lors de sa conférence de presse finale, Guy Verhofstadt a souligné les nombreux résultats atteints lors de ce Sommet en commençant par la déclaration d'opérationnalité de l'initiative européenne de défense pour des missions de type Petersberg, et a dit qu'il s'agissait d'un « pas important sur la voie de la pleine opérationnalité de la PESD » en attendant un accord avec l'OTAN. Guy Verhofstadt a aussi insisté sur le fait que « les conclusions citent pour la première fois une liste de dix pays avec lesquels on espère signer l'adhésion en 2004 après avoir bouclé les négociations en 2002 ». Le Premier ministre belge a exposé les principaux progrès enregistrés dans le cadre du suivi de Tampere (il a cité la demande à la Commission de présenter d'ici le 30 avril prochain des propositions modifiées de directives sur la procédure d'asile, le regroupement familial et Dublin II et l'invitation au Conseil d'accélérer ses travaux sur les autres textes). M. Verhofstadt s'est félicité de l'acceptation du principe d'un mécanisme ou service commun de contrôle des frontières extérieures (il a dit que le mot "police" avait été remplacé car, dans certains pays, ce n'est pas la police qui en est chargée) que doit proposer la Commission. Et il a aussi souligné qu'il avait fallu à peine onze semaines entre la décision de principe et l'adoption finale du mandat d'arrêt. En ce qui concerne les sièges des agences, il a déclaré: « J'ai fait une proposition équilibrée qui a été acceptée par douze Etats membres. Deux (l'Italie et la France: NDLR) l'ont refusée et un a émis une réserve (la Suède: NDLR). J'ai refusé de me laisser embarquer dans de longues et ardues négociations qui auraient duré plusieurs heures (…). Les citoyens n'auraient pas compris ». Et de souligner l'effet désastreux qu'aurait eu « ce petit jeu, ce marchandage, ces discussions infinies sur qui reçoit quoi » le jour où, justement, « la Déclaration de Laeken donne une autre image de l'Europe ». M. Verhofstadt a indiqué que le Conseil avait cependant fixé provisoirement les sièges de l'Autorité européenne de la sécurité alimentaire à Bruxelles et d'Eurojust à La Haye où se trouve déjà Europol, parce que ces deux agences doivent commencer à travailler et qu'il aurait été « inacceptable qu'elle en soient empêchées en raison d'un échec sur un paquet global ». « Si pour obtenir un résultat pour ces deux agences il avait fallu un accord sur le paquet, j'aurais continué », a-t-il ajouté.

Lors de la même conférence de presse, le président de la Commission, Romano Prodi a aussi affirmé que ces deux décisions ne pouvaient pas attendre et il a répété que le choix de Bruxelles est "purement provisoire ». Il a salué la « ténacité et l'engagement » de la Présidence belge qui « a été un véritable succès » et il a adressé ses voeux à Valéry Giscard d'Estaing en soulignant que la Convention sera le « premier exercice de révision générale de nos institutions avec une nouvelle méthode ».

« Ces derniers mois, les relations extérieures de l'Europe ont fait des pas gigantesques en avant », a constaté le président du Conseil, Louis Michel en notant que « nous n'avons pas laissé passer une occasion et dans certains cas, nous avons gagné des années » (il a cité le mandat d'arrêt). « L'Union européenne est devenue un acteur incontournable », a-t-il dit, en estimant que « au Proche-Orient, elle fait au moins autant que d'autres grandes puissances ». En relevant la force d'une Europe qui « ne ferme jamais entièrement la porte » et qui est « toujours ouverte au dialogue », M. Michel a estimé que « le 11 septembre a permis de se rendre compte de la valeur ajoutée de l'Europe » sans laquelle « la coalition ne se serait jamais densifiée » et ne pourra pas conserver cette « solidité ». Parmi d'autres résultats, M. Michel a aussi cité « la nouvelle relation plus visionnaire avec la Russie », la place plus importante prise par l'Afrique dans les travaux des Quinze ainsi que le projet de Banque euroméditerranéenne pour le développement (mentionné dans les conclusions du Sommet).

Interprétations divergentes sur la force multinationale pour l'Afghanistan

Dès vendredi soir, Guy Verhofstadt avait résumé pour la presse les travaux de la première journée, accompagné de Louis Michel, Annemie Neyts, Javier Solana et Romano Prodi. Le Président de la Commission est arrivé le dernier, créant un instant de suspense: allait-il venir ou pas, comme à Gand ? Lorsqu'il est arrivé, la salle a applaudi, et M.Verhofstadt a commenté: « C'es bien joué, hein… On s'était dit: que va-t-on faire pour animer la conférence de presse ? ». Plus sérieusement, M.Verhofstadt a commencé par saluer l'« unanimité » des Quinze, à Laeken, concernant l'envoi en Afghanistan d'une force multinationale sous l'égide des Nations unies. Louis Michel a souhaité s'exprimer aussi, suite aux propos du Secrétaire au Foreign Office Jack Straw qui avait tempéré son enthousiasme en disant à la presse qu'il n'était pas question d'envoyer une force de l'Union, et que seulement certains Etats membres y participeraient. S'il y a eu un malentendu, j'en suis sans doute responsable, mais ce matin je vous ait fait un compte-rendu exact de « l'état de la discussion », et ce qui compte, c'était « la volonté exprimée par tous les Etats membres » de contribuer à la stabilisation de la situation en Afghanistan. Et M.Verhofstadt a renchéri: la grande différence par rapport à d'autres crises, c'est que, pour la première fois, il y a eu unanimité pour dire que nous devons jouer un rôle dans une force qui sera, évidemment, plus large que la seule UE…

Quant à la déclaration d'opérationnalité de la PESD, M.Verhofstadt a souligné que « nous n'avons pas voulu attendre, pour l'adopter, un accord définitif avec l'OTAN, afin de concrétiser tous les efforts faits par le Haut Représentant ». Et Javier Solana a répondu à un journaliste qui doutait de cette opérationnalité en l'absence d'un tel accord en rappelant qu'il peut y avoir trois niveaux d'opérations: - celles menées par l'OTAN elle-même ; - celles dirigées par l'UE en recourant à des moyens de l'OTAN ; - celles dirigées par l'UE sans recours aux moyens de l'OTAN. Même sans un accord définitif, nous pouvons conclure avec l'Alliance atlantique au cas par cas, a-t-il rappelé.

M.Verhofstadt a aussi évoqué l'affaire du brevet communautaire, en soulignant qu'ils (les ministres, lors de leur réunion du 20 décembre au Conseil Marché intérieur) « pourront discuter de tout ce qu'ils veulent, des offices nationaux, etc, mais le résultat doit être qu'à l'avenir un brevet communautaire sera significativement moins cher qu'aujourd'hui » (environ 11 000 euros en moyenne, a-t-il précisé). Nous voulons réduire ce coût de moitié, a ajouté Romano Prodi en évoquant le « problème linguistique » (les langues, c'est un « coût fixe », a-t-il noté).

Nous avons eu aussi une vaste discussion sur Galileo, a indiqué Romano Prodi, en soulignant que, pour la Commission européenne, ce projet est « indispensable pour le futur de l'Europe» aussi bien sur le plan du progrès scientifique que du développement économique et social.

La France critique la gestion du dossier des agences par la Présidence

La France a vertement critiqué la stratégie adoptée par la Présidence au sujet des sièges des futures agences européennes. La Présidence a "ajouté aux deux ou trois agences en cause toute une série de sièges pour des agences qui n'existaient pas vraiment" a déclaré le Président Chirac, en jugeant que "cette inflation d'agences demandait plus de réflexion quant à leur coût/efficacité". Surtout, M. Chirac et M. Jospin ont clairement expliqué que la France, candidate pour accueillir deux agences, ne pouvait pas accepter de ne se voit attribuer aucun siège. La France aurait accepté que Helsinki accueille l'Agence de la sécurité alimentaire à condition que l'Agence de la sécurité maritime siège à Nantes, a expliqué Lionel Jospin. A propos de la Déclaration de Laeken et de la Convention, le Président français a souligné que "jamais une réforme de l'Union n'aura été préparée avec une telle transparence". La déclaration d'opérationnalité montre que "les choses sont maintenant en place pour l'Europe de la défense", s'est-il félicité. La participation à la force multinationale en Afghanistan est un "signe clair de la place prise par l'Union européenne sur la scène internationale", a-t-il dit. A un journaliste qui remarquait qu'il ne s'agissait pas d'une force européenne, Jacques Chirac a dit que "l'on aurait pu faire en vitesse un costume de général pour Javier Solana", mais que les choses "ne se passent pas comme ça", et qu'il faut attendre que l'Europe de la défense soit tout à fait prête.

M. Schröder pour "une Constitution qui mérite son nom"

Commentant une Déclaration de Laeken, qu'il a jugée "historique", le chancelier Schröder a noté qu'elle avait été adoptée assez rapidement parce qu'elle avait été bien préparée par la Présidence belge. Il a souligné que la composition du Présidium avec 12 membres lui permettait d'être efficace et il a justifié le choix de Valéry Giscard d'Estaing comme président par son engagement "très intensif" dans les activités politiques européennes. Interrogé sur le penchant intergouvernemental de M. Giscard d'Estaing, M. Schröder a dit qu'il en avait parlé avec Helmut Schmidt, qui est un ami de longue date de l'ancien président français avec qui il avait lancé le système monétaire européen, et qui n'estime pas que ce dernier défend la méthode intergouvernementale. Pour le ministre des Affaires étrangères Joshka Fischer, il y a d'autant moins de craintes à avoir quant à une éventuelle dérive intergouvernementale que la composition du Présidium est "très équilibrée" et qu'elle comprend deux représentants des parlements nationaux, deux pour le PE et deux Commissaires qui sont logiquement pour une plus grande intégration. "Je suis toujours pour la clarté" et "l'idéal serait un projet de Constitution qui mérite son nom", a dit M. Schröder, qui a remarqué que la Déclaration laisse la possibilité à la Convention de présenter un texte unique ou de mentionner des options.

M. Blair estime avoir la France à ses côtés sur l'avenir de l'Europe

Au sujet de la référence à la constitution européenne dans la Déclaration de Laeken, Tony Blair a estimé, devant la presse, que « malgré de telles ambitions, l'Europe avance de manière plus pragmatique sous l'influence notamment de la France et du Royaume-Uni ». « Bien sûr, l'Europe doit coopérer plus étroitement (…), mais sur la base du modèle des nations qui avancent ensemble, et pas à la manière d'un super-Etat fédéral », a-t-il précisé, avant d'ajouter que Paris et Londres sont sur la même ligne pour défendre le modèle d'une union des nations. Concernant les travaux de la Convention, M. Blair a indiqué qu'il ne voyait pas d'inconvénients à ce qu'on y parle de tout, à condition de ne pas remettre en cause le principe de subsidiaritél'UE ne doit pas se mêler de tout », a-t-il dit).

Silvio Berlusconi espère que la CIG se terminera sous présidence italienne et
défend Parme au nom des "intérêts nationaux"

Le premier ministre italien, Silvio Berlusconi, a défendu la résistance italienne pour imposer Parme comme siège de l'Autorité alimentaire en soulignant que "la politique, c'est aussi défendre les intérêts nationaux". Il a indiqué que "avec tout le respect dû à la Finlande, j'ai proposé que les deux Agences qui nous étaient proposées par la présidence aillent à Helsinki". La beauté du bâtiment où aurait été installé l'Agence, et la qualité du jambon de Parme, sont selon lui deux arguments majeurs en faveur de la ville italienne. D'une manière générale, il a assuré qu'il était "satisfait" du Sommet, puisque le calendrier établi pour la Convention permettra "la gestion finale" de la Conférence intergouvernementale pendant la présidence italienne. Il a attribué à ses propres "talents tactiques", après le retrait de la candidature de Guliano Amato, la victoire de Valery Giscard d'Estaing pour la présidence de la Convention, qui garantira un futur pour l'Europe fondé sur l'esprit libéral et la subsidiarité. Il avait expliqué la veille que la candidature Amato était compromise car l'Italie aurait difficilement pu avoir à la fois la présidence de la Commission et de la Convention. Selon le premier ministre italien, il n'y a pas eu de lien entre les difficultés posées par l'Italie lors de l'adoption du mandat d'arrêt européen et le manque de soutien à Parme. En tout état de cause, selon un sondage "que nous avons réalisé", 62% des citoyens italiens sont contre le mandat européen et cependant, "nous avons finalement donné notre accord". Maintenant, que "nous avons commencé à construire l'Europe de la justice en commençant par le toit, il faudrait construire les fondements", en s'attaquant avant 2004 à la législation pénale, le code de procédure pénal et l'organisation de la justice. Au cours du dîner des chefs d'Etat, Silvio Berlusconi aurait déclaré à ses collègues que "il y a un problème en Europe, c'est qu'il y a des juges avec des objectifs politiques". Commentant l'importance historique de l'introduction de l'Euro, il a remarqué qu'il pourrait y avoir cependant "une certaine nostalgie pour la lire, surtout pour ceux qui en ont gagné beaucoup". Le ministre italien des Affaires étrangères, Renato Ruggiero, a insisté de son côté sur le fait que la Déclaration de Laeken contient le mot de "constitution", même si c'est sous forme de question posée à la Convention.

José Maria Aznar regrette l'absence d'accord sur les Agences. Josep Piqué espère un accord sur les brevets

Le premier ministre espagnol, José Maria Aznar, qui aura la lourde tache de reprendre le dossier des Agences, a regretté que le paquet proposé par la présidence belge n'ait pas pu être accepté, en soulignant que 12 à 13 pays auraient été d'accord sur le compromis proposé, et que l'Espagne aurait été satisfaite d'avoir l'Agence de la sécurité informatique à Barcelone. M. Aznar est par ailleurs satisfait que, à côté de la liste secrète de terroristes comprenant le nom de personnes et organisations, la liste publique comprendra non seulement des noms d'organisation mais aussi de personnes et "entités". Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Josep Piqué, a jugé pour sa part "très positive" la déclaration de Laeken, qui laisse ouverte la question des thèmes qui seront abordés par la Convention. Interrogé sur les régions qui seront représentées dans la Convention comme observateurs, Josep Piqué a indiqué qu'il appartiendra au Comité des Régions de se prononcer. Le ministre espagnol s'est dit aussi "plus optimiste" sur la possibilité d'arriver à un accord sur le brevet communautaire lors de la réunion exceptionnelle du Conseil Marché intérieur le 20 décembre, tout en reconnaissant qu'il y avait eu durant le Sommet une opposition claire de l'Allemagne et de la France à la proposition de compromis présentée par la présidence et l'Espagne. Il a soutenu par ailleurs le projet de système européen de positionnement par satellite Galileo, en soulignant qu'il faudra avancer durant le premier semestre de 2002 sur "ce projet très important".

Paavo Lipponen "déçu" de l'échec sur les Agences

Le premier ministre finlandais, Paavo Lipponen s'est déclaré "déçu" que l'Union européenne n'ait pu parvenir à un accord sur "un sujet aussi important que celui des Agences". Il s'est refusé à "montrer du doigt" l'Italie, un pays fondateur de l'Europe, tout en remarquant que quatorze Etats membres étaient favorables à la candidature d'Helsinki. Il s'est par ailleurs déclaré satisfait de la composition du présidium de la Convention, formé de "personnes de beaucoup d'expérience".

Costas Simitis "optimiste" sur la possibilité d'un compromis à propos de la Turquie et la défense européenne

Le premier ministre grec, Costas Simitis, s'est dit satisfait des résultats du Sommet sur la défense, "même si le problème demeure à propos de la Turquie". Il est "optimiste" sur la possibilité de trouver un compromis sur la question des relations entre l'Union européenne et l'OTAN, même s'il estime que la proposition d'accord avec la Turquie présenté par le Royaume-Uni n'est pas "acceptable", parce qu'il n'assurerait pas l'autonomie de la défense européenne et manquerait de transparence. A présent, "nous allons commencer à discuter dans le cadre de l'UE et selon ses procédures institutionnelles", a-t-il ajouté. Il a indiqué que la Grèce aurait été satisfaite d'avoir le siège de l'observatoire des migrants.

M. Juncker s'est félicité du choix des personnalités à la tête de la Convention

Le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, a estimé que la déclaration de Laeken sur l'avenir de l'Europe constituait surtout « un texte d'orientation plutôt qu'un texte de clarification », et s'est montré satisfait du mandat attribué à la Convention. Les trois personnalités choisies à la tête de cette Convention « sont des garants de plus d'Europe », a-t-il fait valoir, avant d'ajouter que ces hommes ne représentent pas une menace, pour l'Europe, « de se voir enlever des pans entiers de compétences ». Il a attribué l'échec des négociations sur la répartition des sièges des Agences à l'intransigeance de la France et de l'Italie, et a expliqué qu'il avait prévenu les Etats membres, lors des travaux, qu'il ne fallait pas établir de « lien entre la répartition des sièges et la nomination de la présidence de la Convention ».

L'Irlande satisfaite de ce que la Déclaration de Laeken porte sur les problèmes soulevés
par le référendum irlandais

Pour le premier ministre irlandais Bertie Ahern, la Déclaration de Laeken et la Convention sont "une opportunité d'examiner au niveau européen les préoccupations exprimées en Irlande lors du référendum sur le Traité de Nice, de rendre l'UE plus simple, plus compréhensible". Bertie Ahern n'a par contre pas voulu évoquer la possibilité d'un deuxième "non" au référendum sur le Traité de Nice. Visiblement pas très heureux de la nomination de Valéry Giscard d'Estaing à la Présidence de la Convention, il a souligné que "dans l'Union européenne, il faut savoir faire des compromis": maintenant "le débat est clos, et nous allons lui apporter tout notre soutien", a-t-il ajouté. Bertie Ahern s'est par ailleurs dit satisfait de la demande faite à la Commission de revoir sa copie pour ses propositions sur l'asile et l'immigration: il est nécessaire de revenir sur ce qui a été fait, de voir les différences entre les législations nationales, notamment les différentes interprétations de la Convention de Dublin, a-t-il déclaré, en refusant de se prononcer sur la possibilité de passer de l'unanimité à la majorité qualifiée dans ce domaine.

Pour le Danemark, aucun tabou à la Convention

Interrogé sur les thèmes qui seront abordés par la Convention (Constitution européenne notamment), le premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen, s'est dit tout à fait satisfait qu'aucune question ne soit exclue: chacun a ses arguments, nous exposerons les nôtres, a-t-il déclaré, en notant avec satisfaction le fait que le Danemark (en tant que future Présidence) aura un siège au Présidium de la Convention, dès son lancement. Le nouveau premier ministre a aussi noté que puisque les négociations d'adhésion sont censées être conclues durant la présidence danoise, il avait été invité avec empressement par tous les pays candidats à venir dans leur pays. Sa première visite sera la Slovaquie, en janvier.

La Suède et le Portugal également critiques sur la question des Agences

La Suède avait émis une "réserve" sur le dossier des Agences, a expliqué le premier ministre suédois, Görran Persson en s'adressant à la presse à l'issue du Sommet. Alors que la Suède avait proposé un projet d'Agence des technologies de l'information durant sa Présidence et qu'elle l'avait retiré parce qu'il avait peu de soutien, elle n'a pas vraiment apprécié que la Présidence belge ressorte tout à coup ce projet pour attribuer son siège à l'Espagne, explique-t-on de source suédoise. La Suède était prête à accepter le paquet si le siège lui était attribué, ou même si le projet était abandonné, mais pas s'il allait à l'Espagne. Selon le Premier ministre portugais, Antonio Guterres, la question des sièges a été abordée d'une manière peu compréhensible, qui n'est pas positive pour l'esprit du Conseil européen. Le premier ministre portugais s'est par ailleurs félicité du contenu de la déclaration de Laeken, en notant qu'elle avait été modifiée par rapport au projet initial marqué d'une tendance à la renationalisation des politiques communautaires.

Le chancelier autrichien Wolfgang Schüssel s'est notamment dit satisfait du fait que « pour la première fois, les 14 partenaires ont formellement reconnu la nécessité de prolonger le système des écopoints en Autriche » régissant le transit routier à travers l'Autriche au-delà de 2003. La Commission est en effet invitée à présenter une proposition de prorogation du système des écopoints « afin d'être en mesure de clôturer avant la fin de l'année le chapitre relatif aux transports dans les négociations d'adhésion ». (L'Autriche, on le sait, bloque actuellement la poursuite des négociations d'adhésion sur les transports en attendant la prolongation du système des écopoints). M.Schüssel a cependant laissé ouverte la question de savoir quand son pays pourrait lever son veto. Nous attendons la proposition de la Commission et puis on verra, a-t-il expliqué, indiquant ainsi que les conclusions de Laeken en elles-mêmes ne suffiront pas à débloquer les négociations d'adhésion. Le nouveau système d'écopoints devra couvrir l'ensemble du territoire autrichien (et pas seulement certains axes alpins, comme semble vouloir le dire la Commission) et devra être valable pour plusieurs années, a dit le chancelier.

Satisfaction de MM. Mendez de Vigo et Leinen

"Même l'idée de la Constitution est dans la déclaration", s'est félicité le député européen Inigo Mendez de Vigo en estimant que le Présidium correspond aux attentes du Parlement européen et en saluant la qualité des deux vice-présidents avant d'ajouter: "Nous attendons aussi beaucoup de la qualité et du talent de Valéry Giscard d'Estaing". Cette déclaration est une étape essentielle sur la voie d'une Constitution européenne, a estimé son collègue Jo Leinen qui a regretté qu'il n'y ait pas de parlementaire parmi les "trois personnes qui forment le présidium dans le présidium".

EUROPE reviendra lundi sur les conférences de presse des pays candidats.