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Bulletin Quotidien Europe N° 13962
CONSEIL EUROPÉEN / Ukraine

Les Vingt-sept demandent à la Commission européenne de présenter des options pour combler le trou budgétaire pour 2027 évalué à 70 milliards d'euros

Les chefs d'État ou de gouvernement des pays de l'Union européenne ont demandé à la Commission européenne de leur présenter « une proposition » sur la manière de combler « les besoins additionnels de l'Ukraine pour 2027 », a indiqué le président du Conseil européen, António Costa, vendredi 16 octobre, à l'issue du sommet européen.

Il a fait état de longues discussions entre les dirigeants européens ayant englobé la situation militaire et financière de l'Ukraine ainsi que les attaques hybrides attribuées à la Russie dans l'UE.

La guerre continuant de faire rage, il est difficile d'anticiper les besoins budgétaires de l'Ukraine, mais « il apparaît clairement que nous avons un trou budgétaire de 70 milliards d'euros qui doit être couvert », a admis la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Ce trou de 70 milliards d'euros s'ajouterait aux 45 milliards d'aide déjà prévus par l'UE pour 2027 dans le cadre de son prêt doté de 90 milliards d'euros pour 2026 et 2027.

En revanche, pour 2026, les besoins sont connus et les moyens pour les couvrir identifiés. Il reste « 17 milliards d'euros » provenant du prêt de l'UE de 90 milliards d'euros, a indiqué Mme von der Leyen, rappelant que ces fonds seront déboursés si les autorités ukrainiennes accomplissent les réformes requises.

Pour le chancelier allemand, Friedrich Merz, les besoins financiers sont actuellement « en cours d'évaluation par la Commission ». Nous savons que le prêt de 90 milliards d'euros « ne suffira pas », a-t-il ajouté, s'attendant à aborder à nouveau cette question « en novembre et en décembre ».

Confrontés à l'incohérence de la position américaine vis-à-vis de l'agression militaire russe de l'Ukraine, les Européens serrent les rangs et tentent de rassurer le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, sur leur soutien indéfectible, à l'amorce d'un hiver qui s'annonce difficile.

« Ce n'est pas le moment de retirer notre soutien à l'Ukraine ni d'affaiblir les sanctions visant la Russie. L'heure est à un soutien accru [à l'Ukraine] et à une pression accrue » sur la Russie, a déclaré M. Costa. « Le rôle des Européens est de tenir les lignes », a estimé le président français, Emmanuel Macron.

L'un des moyens pour l'UE d'accroître la pression sur Moscou consiste à préparer « un vingt-deuxième paquet de sanctions », selon Mme von der Leyen.

Devant la presse, M. Zelensky a salué la constance de l'UE dans son aide militaire, financière et politique à son pays. « J'ai le sentiment que l'Europe, à l'heure actuelle, nous appuie sans réserve. C'est particulièrement vrai depuis un mois », a-t-il noté.

Bien que l'armée ukrainienne tienne le front au Donbass, l'Ukraine traverse une période difficile. En difficulté sur la scène intérieure, le président américain, Donald Trump, tente de détourner l'attention des réelles causes des perturbations des marchés énergétiques internationaux qu'il a provoquées au Moyen-Orient en accusant l'Ukraine de tous les maux. Il a annoncé un accord sur la fourniture de diesel russe et demandé à l'Ukraine de ne plus frapper de cibles énergétiques russes, cause, selon lui, de la flambée des prix des hydrocarbures.

« Nos analyses disent que cela n'aura aucune influence sur les prix », a considéré M. Zelensky à propos de l'accord russo-américain sur le diesel.

À l'approche de l'hiver, le président ukrainien a dit soutenir un cessez-le-feu énergétique proclamé par Donald Trump, accusant le Kremlin de ne pas le respecter. D'où sa décision de reprendre les frappes ukrainiennes sur le sol russe.

Face aux perturbations dans la fourniture du matériel militaire américain payé par les Européens, M. Zelensky a demandé à ces derniers de lui fournir le matériel nécessaire pour se défendre des attaques russes par drones à réaction et missiles balistiques. Quant à la rapidité du signal Internet fourni par la société Starlink de l'entrepreneur américain Elon Musk, le rétablissement du signal serait en bonne voie, même si des discussions sont en cours avec des pays comme la France pour rechercher une solution alternative.

D'après le président ukrainien, si la Russie envahit totalement l'Ukraine, l'Europe courra un « grand risque » et sera confrontée à un afflux massif d'Ukrainiens, alors que la Russie la teste déjà par le biais d'attaques hybrides en Allemagne ou en Bulgarie (EUROPE 13959/9).

« Tant que l'Ukraine ne vacille pas, il y aura moins d'escalade de la Russie » dans l'UE, a-t-il fait valoir.

Hongrie. En marge du sommet européen, le Premier ministre hongrois, Péter Magyar, et M. Zelensky ont tenu leur première réunion bilatérale. Dans une déclaration, M. Magyar salue l'action des autorités ukrainiennes pour faire respecter les droits des minorités hongroises en Ukraine, avancée qui a permis de lever l'opposition hongroise à l'ouverture de deux chapitres de négociation d'adhésion à l'UE avec l'Ukraine.

Voir les conclusions du Conseil européen sur l'Ukraine : https://aeur.eu/f/nzg (Mathieu Bion avec la rédaction)

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