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Bulletin Quotidien Europe N° 13958
Invasion Russe de l'Ukraine / Russie

Le Conseil de l'UE sanctionne plus de 1 500 acteurs du complexe militaro-industriel russe

Le Conseil de l’UE a formellement adopté, lundi 12 octobre, de nouvelles sanctions visant 826 entreprises russes et 743 de leurs dirigeants, soit le plus vaste ensemble d’inscriptions jamais adopté en une seule fois par l’Union européenne. Le nombre total de personnes et d’entités inscrites au titre du régime de sanctions lié à l’intégrité territoriale de l’Ukraine approche les 4 600 (EUROPE 13954/17).

Les entreprises concernées fournissent des composants essentiels à la production russe de missiles, de drones et d’aéronefs. Elles opèrent notamment dans l’électronique, les communications, l’aéronautique, les systèmes satellitaires, les explosifs, les munitions, l’optique et la navigation. Selon l’UE, les fournisseurs visés représentent un chiffre d’affaires annuel cumulé d’au moins 20 milliards d’euros et emploient plus de 250 000 personnes. 

Parmi les dirigeants désignés figurent Viktor Aleksandrovich Kalinin, des usines Motovilikhinskie zavody ; Igor Vladimirovich Savkov, du Tambovskij zavod Elektropribor ; Oleg Viktorovich Maksenkov, du Nauchno-proizvodstvennyj kompleks bortovye intellektualnye sistemy ; ainsi qu’Ilya Viktorovich Pupin, Aleksandr Sergeevich Ivanov, Igor Yurevich Zubakov et Evgeniy Pavlovich Zolotnitskiy, liés à des entreprises d’électronique, d’instrumentation et de mécanique.

Les personnes et entités inscrites (https://aeur.eu/f/nv9 ) font l’objet d’un gel de leurs avoirs. Il est interdit de leur fournir, directement ou indirectement, des fonds ou des ressources économiques. Les personnes physiques sont également interdites de territoire dans l’UE.

La Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, a salué lundi « la plus grande extension de notre liste de sanctions depuis le début de la guerre ». Plus de la moitié des nouvelles inscriptions sont liées à la chaîne de production des missiles balistiques.

Le ministre d’État allemand aux Affaires européennes, Gunther Krichbaum, a indiqué lundi à Luxembourg que les mesures visaient notamment des fabricants de drones et d’autres acteurs de l’industrie militaire russe. Il a assuré que leur efficacité était « garantie ».

Maintenir la pression. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a évoqué la préparation d’un 22ᵉ paquet de sanctions contre la Russie dans les prochaines semaines. Il a également affirmé que les sanctions avaient privé la Russie de « l’équivalent de 500 milliards d’euros de ressources » qui auraient pu financer la guerre. Par ailleurs, la France souhaite renforcer la lutte contre la 'flotte fantôme' utilisée par la Russie pour contourner les sanctions. Une conférence internationale consacrée à cette question doit se tenir cet automne à Paris.

Le chef de la diplomatie lituanienne, Kęstutis Budrys, a estimé que les sanctions adoptées ne suffisaient pas. Il a appelé l’UE à reconnaître que le renseignement militaire russe, le GRU, agit comme une organisation terroriste.

Ces nouvelles sanctions interviennent après l’annonce par le président américain, Donald Trump, d’un accord avec son homologue russe, Vladimir Poutine, portant sur la fourniture de diesel russe aux États-Unis. Cette annonce a suscité des critiques en Europe.

« Je le regrette profondément. J’espère que cela n’entrera pas en vigueur, car nous devons accentuer la pression sur la Russie et renforcer le soutien à l’Ukraine », a déclaré la ministre suédoise des Affaires étrangères, Maria Malmer Stenergard.

L’Estonie a également estimé qu’un tel accord affaiblirait l’unité transatlantique. Elle a plaidé pour l’utilisation des quelque 200 milliards d’euros d’avoirs russes gelés afin de soutenir l’Ukraine, une question qui continue de diviser les États membres.

Dans un volet distinct (https://aeur.eu/f/nva ), l’UE a ajouté 77 personnes à sa liste de sanctions en raison de leur participation aux élections de septembre à la Douma russe dans des territoires ukrainiens occupés. Parmi les personnes visées figurent des candidats de plusieurs partis russes, une membre de la Commission électorale centrale et une journaliste. (Lionel Changeur)

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