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Bulletin Quotidien Europe N° 13956
ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

Les ministres européens discuteront de l’Ukraine et d'une mission civile au Liban, lundi 12 octobre

Soutien à l’Ukraine, nouvelles sanctions contre la Russie et tensions au Moyen-Orient domineront la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE, lundi 12 octobre à Luxembourg. 

Ukraine. Au cours d’un déjeuner de travail, les ministres débattront de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et de l’intensification de sa campagne hybride visant l’UE et ses États membres.

La discussion sera précédée d’une intervention du ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiha, qui participera en personne au Conseil et fera le point sur la situation sur le terrain ainsi que sur les besoins les plus urgents de l’Ukraine.

Les ministres devraient discuter de l’aide financière et militaire à l’Ukraine, notamment en matière de défense aérienne, ainsi que des contributions bilatérales des États membres, selon un diplomate européen. L’UE prépare également un soutien à la résilience énergétique de l’Ukraine à l’approche de l’hiver et cherche à mobiliser des équipements disponibles à l’international, notamment des générateurs et des composants pour le réseau électrique.

Les ministres aborderont également les attaques hybrides visant les États membres, notamment les actes de sabotage, les activités de surveillance par drones et les violations de l’espace aérien. « L’UE travaille à renforcer sa réponse, notamment par des sanctions, la lutte contre la 'flotte fantôme' russe et un contrôle accru des déplacements de ressortissants russes », a indiqué une source européenne, ajoutant que des travaux se poursuivaient sur d’éventuelles nouvelles mesures.

Le Conseil devrait adopter de nouvelles sanctions visant près de 1 600 personnes et entités liées au complexe militaro-industriel russe, ainsi que 77 personnes liées aux élections à la Douma d’État russe organisées dans les territoires ukrainiens occupés, qualifiées d’« illégales » par l’UE (EUROPE 13954/17).

Concernant les visas, un diplomate européen a évoqué un examen plus strict des demandes présentées par des ressortissants russes, en particulier celles d’anciens combattants et de diplomates. La source a précisé que les travaux portent encore sur les modalités pratiques, notamment les documents à demander et leur traitement dans le système Schengen (modalités de contrôle des demandes de visa et de circulation dans l’espace Schengen). 

Moyen-Orient. Les travaux consacrés à la situation au Moyen-Orient devraient porter principalement sur les évolutions récentes dans le Golfe et en Iran ainsi que sur la situation en Israël et en Palestine.

Dans ce contexte, les ministres évoqueront les perturbations dans le détroit d’Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb, leurs répercussions sur le commerce et l’énergie, ainsi que les éventuelles mesures que l’UE pourrait prendre pour contribuer au rétablissement de la liberté de navigation, notamment par l’intermédiaire de l’opération EUNAVFOR Aspides.

Les ministres pourraient également aborder les conséquences de la situation pour le Yémen et la Corne de l’Afrique. Cette discussion aura lieu en amont du prochain sommet UE/Conseil de coopération du Golfe, prévu le 24 octobre prochain.

S’agissant d’Israël et de la Palestine, les ministres échangeront sur les violences en Cisjordanie, la situation humanitaire dans la bande de Gaza et les manquements à la mise en œuvre du plan de paix dans la région. À l’approche des élections législatives palestiniennes, fixées au 28 novembre, les Vingt-sept pourraient également décider, lundi, sur la base des conclusions d’une mission exploratoire, de déployer une mission d’observation électorale en Palestine.

En revanche, l’interdiction des échanges commerciaux avec les colonies israéliennes ne figure pas à l’ordre du jour. Vendredi, l’ONG The Elders a envoyé une lettre ouverte à Ursula von der Leyen, appelant la Commission à présenter une proposition visant à interdire les échanges commerciaux entre l’UE et les colonies d’ici lundi. « Il s’agit là d’une occasion cruciale de rassembler un soutien suffisant en faveur d’une telle interdiction, qui, en tant que mesure commerciale relevant de la politique commerciale commune, nécessite un vote à la majorité qualifiée », selon les auteurs de la lettre.

Le Conseil devrait également officialiser une mission civile de soutien de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) au Liban (EUSM Lebanon), destinée à former et consolider les moyens des forces armées libanaises et les forces de sécurité intérieure - et ce, à la demande expresse de Beyrouth (EUROPE 13955/3).

Si plusieurs aspects techniques doivent encore être « mis au point », l’UE ambitionne de lancer la mission « avant la fin de l’année », a indiqué un responsable européen, ajoutant que « tous les États membres [la] soutiennent pleinement ».

La mission, dont certaines formations pourraient se tenir « hors du Liban », n’aura pas vocation à remplacer la FINUL actuellement déployée par l’ONU et vise avant tout à soutenir l’ambition de Beyrouth de constituer ‘un État, une armée, une force de sécurité’ avec un monopole sur l'usage de la force. D’envergure « modeste », selon une autre source diplomatique, la mission compterait « moins de 200 » postes internationaux.

Par ailleurs, elle doit être distinguée des réflexions franco-italiennes sur une présence internationale plus large dans le pays après l'expiration du mandat de la FINUL, le 31 décembre prochain (EUROPE 13898/9).

Autre point à l’ordre du jour : un échange de vues entre ministres sur l’élargissement sous l’angle de la politique étrangère et de sécurité commune. Dans le cadre des négociations d’adhésion, l’UE travaille déjà avec les pays candidats à leur alignement sur cette politique. Celui-ci est déjà atteint par plusieurs d’entre eux, notamment le Monténégro et l’Albanie.

L’intégration accrue de l’Ukraine dans l’industrie européenne de défense est, de son côté, considérée comme un élément majeur du renforcement de la sécurité européenne. « La discussion entre ministres doit (…) alimenter les travaux du Conseil européen des 15 et 16 octobre », a précisé un responsable européen. Par ailleurs, la situation en Géorgie, pays candidat qui s’est éloigné de sa trajectoire d’adhésion à l’UE depuis octobre 2024, doit également être abordée par les ministres au titre des questions d’actualité.

La réunion du Conseil sera précédée d’un échange de vues informel entre les ministres sur le renforcement de l’approche de l’UE face à la manipulation de l’information et à l’ingérence étrangères (FIMI), ainsi que sur les campagnes de communication stratégique. Cet échange aura lieu dans un contexte marqué par l’ampleur et la rapidité croissantes des opérations hostiles de manipulation de l’information et d’ingérences étrangères menées par la Russie et d’autres acteurs contre l’UE et ses partenaires.

Au titre des 'points divers', les Pays-Bas évoqueront les mesures restrictives de l’UE visant la criminalité organisée transnationale.

La France évoquera l’Algérie.

La Belgique et les Pays-Bas informeront les ministres au sujet de la Cour pénale internationale (CPI). Le gouvernement américain a annoncé vendredi des sanctions contre la CPI. L’UE a déploré ces sanctions - « profondément regrettables » - et a promis d’aider l’institution à poursuivre ses missions, selon une déclaration (https://aeur.eu/f/nv0 ). 

Enfin, Chypre fera le point sur le protocole d’accord signé le 10 juillet dernier par la Turquie et la République turque de Chypre du Nord, entité autoproclamée et non reconnue par la communauté internationale. (Juliette Verdes, Justine Manaud, Louis Dubar et Lionel Changeur)

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