Dans un document informel daté de mercredi 7 octobre et consulté par Agence Europe, les trois pays du format Slavkov (l’Autriche, la République tchèque et la Slovaquie) plaident en faveur d’un élargissement fondé sur une « intégration graduelle et systématique » des populations concernées et une « meilleure communication ». Cette position a été formulée à l’issue d’une réunion ministérielle organisée à Vienne le 29 septembre en présence de plusieurs pays candidats des Balkans occidentaux.
Plusieurs propositions avancées par les trois États membres dans leur document, diffusé en amont du prochain Conseil des Affaires générales, recoupent celles présentées par la Commission européenne mardi 6 octobre à Strasbourg (EUROPE 13953/1), notamment l'intégration graduelle des pays candidats à certains programmes de l’UE, comme Horizon Europe ou Erasmus+, et à certaines agences européennes, comme Frontex. « Une telle approche apporterait des avantages concrets aux citoyens, tout en préservant l’intégrité de l’Union et en garantissant l’égalité de traitement tout au long du processus d’adhésion », estiment-ils. Les signataires soulignent notamment le rôle positif du plan de croissance pour les Balkans occidentaux, qui rapproche les pays candidats de l’UE grâce à la mise en œuvre de réformes et de l’acquis communautaire.
Sur le fonctionnement de l’UE, le document informel du format Slavkov, comme la communication présentée par la Commission en début de semaine, évoque une adaptation du processus décisionnel. Le premier propose de rationaliser certaines décisions techniques au Conseil, tandis que la Commission suggère d’examiner l’activation de clauses passerelles. Le format Slavkov appelle aussi à préserver la dynamique des négociations et à favoriser les discussions bilatérales directes afin d’éviter que des différends ne bloquent les avancées du processus d’adhésion, comme ceux qui opposent le Monténégro à la Croatie et la Macédoine du nord à la Bulgarie.
Autre point mis en avant par les signataires, l’importance d’une meilleure communication auprès des populations des pays candidats, notamment des jeunes. « Les jeunes devraient devenir un pilier central de l’intégration graduelle (...) grâce à des possibilités accrues en matière d’éducation, de mobilité, de recherche et d’échanges professionnels », insistent les trois États membres. Ils appellent les institutions européennes à « renforcer et intégrer pleinement les activités de communication sur l’élargissement afin d’en rendre les avantages plus visibles et accessibles, en particulier aux jeunes et aux communautés locales ». (Louis Dubar)