login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13930
INSTITUTIONNEL / Budget

CFP 2028-2034 - la Présidence irlandaise du Conseil de l'UE s'efforce d'entrer dans le vif des négociations budgétaires au Conseil 'Affaires générales'

« Je suis absolument convaincu que nous pouvons arriver à conclure un accord d’ici la fin de l’année, car c’est nécessaire », a lancé Thomas Byrne, le ministre d'État irlandais à l'Europe, jeudi 3 septembre à Dublin, en amont d’un Conseil des Affaires générales (CAG) placé sous le signe du cadre budgétaire européen 2028-2034 (EUROPE 13929/19). Ce prochain cadre financier pluriannuel (CFP) a ainsi été évoqué une première fois, ce jeudi après-midi, par les vingt-sept ministres chargés des Affaires européennes et le sera de nouveau, de manière plus approfondie, vendredi matin.

Cette réunion dite 'informelle' marque le début d’une séquence clé pour la Présidence irlandaise, qui présentera sa propre base de négociation chiffrée (‘negotiating box’) début octobre, après un nouveau Conseil 'Affaires générales' le 22 septembre prochain à Bruxelles. « Il est crucial que nous commencions à voir où des compromis peuvent être trouvés et où les lignes rouges sont réellement placées », a demandé Thomas Byrne, qui conclura en parallèle une série d’entretiens bilatéraux avec chacun de ses homologues la semaine prochaine.

En attendant, les ministres qui se sont succédé devant les micros jeudi à Dublin ont paru marteler les mêmes postures nationales adoptées depuis des mois sur le budget de l'UE pour 2028-2034. 

« La proposition de la Commission européenne, si vous me le permettez, relève de la pure fantaisie », a ainsi lâché le ministre d’État allemand à l’UE, Gunther Krichbaum, estimant impossible pour l’Allemagne d’augmenter massivement sa contribution nationale, au vu de sa situation économique défavorable et de son déficit budgétaire. Ce démocrate-chrétien a réitéré l’appel des pays dits ‘frugaux’ à effectuer « des centaines de milliards d’euros de coupes » au sein du projet de CFP, ciblant en premier lieu les fonds agricoles de la 'PAC'.

À l’autre bout du spectre, le Secrétaire d'État espagnol, Fernando Sampedro, a jugé « hors de question » toute potentielle coupe supplémentaire. Ce représentant du gouvernement socialiste de Pedro Sánchez a proposé d’utiliser trois « outils à notre disposition pour maintenir les contributions nationales stables tout en augmentant le budget » : le remboursement plus progressif ('roll-over') de la dette issue du plan de relance post-Covid-19, l’émission de nouveaux emprunts communs et la création de ressources propres.

Le ministre français, Benjamin Haddad, a fortement insisté, encore une fois, sur la création de ces nouvelles ressources propres, tout en se montrant ouvert à de futures coupes dans la partie du budget européen allouée à l’administration de l’UE (Rubrique 4) (EUROPE 13920/10). 

En dépit de la polarisation du débat (EUROPE 13913/12), le commissaire européen au Budget, Piotr Serafin, quant à lui, s'est voulu optimiste : « Je constate, et je ressens, beaucoup d’excitation. (...) Si vous cherchez des signes d’optimisme, je dirais que c’est précisément le niveau d’émotion - parfois négative, je dois l’admettre - qui accompagne cette réunion, car cela démontre que les négociations sont véritablement lancées », a-t-il noté hors micro.

Jeudi, lors de cette première discussion budgétaire, plusieurs représentants du Parlement européen se sont joints aux ministres, à l'instar du conservateur roumain Siegfried Mureşan, corapporteur sur le CFP. « Certains États membres attendent de l’UE qu’elle en fasse davantage en matière de compétitivité, de sécurité et de défense, tout en réclamant simultanément des coupes dans ses ressources. On ne peut pas demander à l’Europe d’en faire plus tout en lui donnant moins », a déploré ce membre du PPE.

Et l’eurodéputé de conclure : « La discussion d’aujourd’hui est également l’occasion de clarifier un point : le CFP ne peut pas être adopté sans l’accord du Parlement européen ». Ce dernier « n’approuvera en aucun cas un budget qui ne répondrait pas aux besoins des citoyens européens », a prévenu M. Mureşan. (Clément Solal)

Sommaire

INSTITUTIONNEL
ACTION EXTÉRIEURE
SÉCURITÉ - DÉFENSE
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES