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Bulletin Quotidien Europe N° 13924
POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

Les pays importateurs de combustibles fossiles subissent la plus forte hausse des prix continue depuis la guerre du Golfe en 1990, selon le CREA

Depuis le début de la crise du détroit d'Ormuz, causée par les attaques des États-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février dernier, les factures des importateurs de combustibles fossiles ont explosé, selon une analyse du centre de réflexion CREA (Centre de recherche sur l'énergie et l'air pur), publiée mercredi 26 août.

Celles-ci ont connu une augmentation de plus de 330 milliards de dollars (283 milliards d'euros), soit 55 milliards de dollars (47 milliards d'euros) supplémentaires par mois. Il s'agit, selon les chercheurs, de la plus forte hausse des prix continue depuis la guerre du Golfe d'août 1990 à février 1991. Les pays les plus pauvres subissent le plus durement les conséquences, ajoutent-ils. 

L'analyse se fonde sur la hausse des prix du pétrole et du gaz transportés par voie maritime en la comparant avec les prévisions du marché avant le début du conflit.

Le CREA explique que la flambée des prix des combustibles fossiles a des répercussions plus larges que l'augmentation du prix à la pompe – +59% pour le diesel et le gazole et +43% pour l'essence. En effet, elle alimente l'inflation, en particulier en faisant augmenter les coûts de production dans l'industrie, l'agriculture et le transport de marchandises. Il s'agit également « du coût le plus largement ressenti : 134 des 170 pays analysés ont payé le diesel plus cher que ne le laissaient présager leurs contrats à terme d'avant-guerre », estiment les analystes.

La transition énergétique protège des chocs pétroliers. « Sans le développement des énergies propres de ces cinq dernières années, la facture des importations de combustibles fossiles aurait été supérieure de 36 milliards de dollars (31 milliards d'euros) », indique le Centre de recherche. 

« Le meilleur moyen de se prémunir contre la flambée des prix du pétrole est de se désengager au plus vite de cette énergie », affirme Luke Wickenden, analyste énergétique au CREA et coauteur de l'étude. « La transition énergétique est un investissement », ajoute-t-il.

L'analyse montre également que l'électrification de certains secteurs, comme le chauffage et les transports, aide à mieux faire face aux chocs, puisqu'elle réduit la dépendance à l'égard des énergies fossiles.

Consulter l'analyse : https://aeur.eu/f/n5e  (Nadège Delépine)

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