La protection civile a ordonné, vendredi 31 juillet, l'évacuation d'une banlieue à l'ouest d'Athènes. Il s'agit de la dernière d'une longue liste d'évacuations de population causées par les incendies ravageurs qui sévissent en Europe - la France et l'Espagne en tête - de par l'ampleur de la surface qui est partie en fumée. La protection civile de l'Union européenne a été appelée en renfort des dispositifs nationaux (EUROPE 13917/1).
« Le changement climatique d'origine humaine a rendu les conditions météorologiques extrêmes propices aux incendies, qui ont alimenté les récents feux de forêt destructeurs, au moins deux fois plus probables en France et au moins 20 fois plus probables en Espagne », a déclaré vendredi le partenariat scientifique international World Weather Attribution (WWA) dans une analyse.
Ces incendies, qui ont détruit 140 000 hectares en Espagne en juillet et 115 000 hectares en France depuis le début de l'année, ont été décrits comme parmi les pires jamais enregistrés dans ces pays, indiquent les scientifiques.
Plusieurs analyses récentes du WWA montrent « que les vagues de chaleur de juin ainsi que la sécheresse qui touche actuellement l'Europe ont été alimentées par le changement climatique d'origine humaine », une tendance qui vient confirmer les observations suite aux incendies espagnols et portugais l'année dernière.
Les scientifiques estiment qu'au vu des conditions climatiques actuelles, on peut s'attendre à des événements de cette intensité une fois tous les vingt ans dans le sud-ouest de la France et une fois tous les six ans dans le centre de l'Espagne. D'après eux, il s'agit d'estimations prudentes.
Ils expliquent que des hivers humides suivis de printemps secs sont des facteurs de risque d'incendie dans ces régions, car la végétation croît avant de se dessécher et de devenir un combustible pour les incendies.
Au-delà des risques directs pour la sécurité des populations, des dégâts matériels et de l'impact environnemental sur les surfaces brûlées, Augustin Colette, chef d'unité à l'Ineris, alerte sur la quantité de polluants atmosphériques qui a été libérée dans l'air, atteignant des niveaux 20 fois supérieurs à la norme de bonne qualité de l'air, et ce dans un rayon de 400 km autour des foyers d'incendie.
Lire l'analyse la plus récente du WWA : https://aeur.eu/f/n39 (Nadège Delépine)