À l’initiative de l’Autriche, de la Slovaquie, de la Slovénie et de la Croatie, les ministres européens de l’Agriculture ont fait le point, lundi 28 septembre, sur les effets de la sécheresse sur le secteur agricole.
La Hongrie a rapporté des chiffres particulièrement alarmants, avec 1,5 million d'hectares affectés et des baisses de récoltes atteignant 74% pour le maïs, 30% pour le tournesol et 50% pour le soja par rapport à la moyenne quinquennale. La Pologne, la République tchèque, la Lituanie, l'Espagne et Chypre ont également fait état de dommages significatifs et récurrents dans leur agriculture.
Sur le financement et les instruments d'urgence, l'Italie a plaidé pour l'activation de la réserve agricole, position partagée par la Pologne, qui a demandé une augmentation significative de cette réserve.
À l'inverse, les Pays-Bas se sont opposés à tout financement supplémentaire de la réserve agricole, estimant qu'elle devait rester strictement limitée aux perturbations de marché.
Chypre a insisté pour que les interventions liées à la sécheresse soient financées en dehors du budget agricole.
En ce qui concerne la gestion de l'eau, le Portugal a appelé à des investissements massifs. La France a également demandé la levée des freins aux investissements hydrauliques agricoles, notamment pour les projets multi-usages.
Sur les outils assurantiels et la gestion des risques, les ministres ont demandé de renforcer les mécanismes d'assurance et les outils de gestion des risques.
Christophe Hansen, commissaire européen à l'Agriculture, a indiqué que les dommages étaient estimés entre 14 et 17 milliards d'euros pour l'agriculture européenne. Il a rappelé les outils existants de la PAC (avances de paiements directs déjà activées par 15 États membres, dérogations aux bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE), paiements de crise), tout en insistant sur le fait que la mobilisation de fonds de crise ne constitue pas une solution durable.
Il a également plaidé pour rendre obligatoires les outils de gestion des risques dans la future PAC et pour généraliser les assurances climatiques.
Concernant la demande italienne d’activer la réserve de crise en faveur du secteur de l’huile d’olive, Christophe Hansen a rappelé que les règles de la politique agricole commune (PAC) offrent des possibilités de soutien à la gestion des marchés dans ce secteur. Le règlement sur l’organisation commune des marchés (OCM) « prévoit des outils permettant de faire face à la volatilité des marchés, notamment en autorisant les États membres à réguler l’offre afin d’améliorer et de stabiliser le marché de l’huile d’olive », a précisé le commissaire européen. Selon lui, la « mobilisation de la réserve agricole ne devrait être envisagée qu’en dernier recours, lorsqu’elle est pertinente pour faire face à un grave déséquilibre du marché européen ».
Lien vers la note italienne : https://aeur.eu/f/nn9
Fruits et légumes. Après l'intervention de la Belgique, M. Hansen a assuré que « les interventions dans le secteur des fruits et légumes resteront un instrument distinct à l’échelle de l’UE, avec des règles communes, mais également davantage de flexibilité ». Il a insisté sur le besoin de maintenir le modèle de financement qui a fait ses preuves, dans lequel les organisations de producteurs et les fonds publics se partagent les coûts des programmes opérationnels. (Lionel Changeur)