La Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas, a expliqué, mercredi 2 septembre, que les discussions sur les avoirs russes immobilisés dans l’UE allaient continuer.
« Certains ministres ont également évoqué à nouveau la question de l'utilisation des ressources russes mobilisées. Les discussions se poursuivent », a précisé la Haute Représentante à l'issue de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères ('Gymnich'), à Wicklow (Irlande).
La semaine dernière, la lettre des ministres suédoise, néerlandais, polonaise et espagnole des Affaires étrangères avait appelé à reprendre des discussions sur les avoirs russes immobilisés dans l’UE (EUROPE 13925/5). Les positions des États membres semblent cependant inchangées.
« Face aux nouvelles exigences et à la situation en Ukraine, nous constatons que nous avons besoin de davantage de fonds (que le prêt) et d'une vision à plus long terme, non seulement pour les besoins militaires, mais aussi pour les besoins civils. C'est pourquoi la question du gel doit être traitée », a estimé le ministre lituanien, Kęstutis Budrys.
« C’est la bonne chose à faire. C’est la chose juste à faire », a justifié la ministre suédoise, Maria Malmer Stenergard, à son arrivée. Et si la ministre finlandaise, Elina Valtonen, a rappelé que le programme de son gouvernement stipulait que « les fonds gelés provenant de la Russie seront intégralement utilisés pour soutenir l'Ukraine », le Luxembourgeois Xavier Bettel s’est montré plus circonspect. « Si nous voulons un mécanisme fonctionnel, je pense qu'il faut une responsabilité solidaire, mais aussi une solidarité collective. Il ne s'agit pas de prendre des décisions et de laisser ensuite chacun payer les réparations », a-t-il prévenu. « Je suis ouvert à toutes les solutions pragmatiques, mais je ne veux pas que chacun décide et qu'au final, un seul doive payer », a-t-il insisté.
Le ministre belge, Maxime Prévot, a précisé que la position de son pays n'avait pas changé, ajoutant que les raisons de l'opposition belge n'avaient pas disparu « comme par magie » entretemps. (EUROPE 13927/1).
L’UE pourrait fournir un soutien de plusieurs milliards d’euros pour des systèmes de défense antiaérienne. Depuis Bruxelles, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé que l’UE avait reçu de l’Ukraine une nouvelle demande de paiement « d’un montant de plusieurs milliards d'euros » dans le cadre du volet militaire du prêt de 90 milliards d’euros de soutien à l’Ukraine, qui couvrirait « les besoins de la défense aérienne ukrainienne, notamment les systèmes de défense aérienne de pointe PAC-3 Patriot ». « Les États membres examinent actuellement cette demande, mais je peux vous assurer qu'elle progresse dans la bonne direction », a-t-elle souligné. Une telle décision nécessite un accord pour une dérogation à la règle sur la provenance de ses approvisionnements, pour pouvoir acheter les systèmes américains. Selon une source européenne, la discussion débutera lundi.
« Parallèlement, nous travaillons en Europe avec l'Ukraine sur le projet FREYA. Il s'agit d'un projet européen visant à développer nos propres systèmes de défense antimissile balistique », a rappelé Mme von der Leyen.
Selon Mme Kallas, des pays européens devraient annoncer l'envoi de systèmes antimissiles en Ukraine. (Camille-Cerise Gessant)