La commission de l’agriculture du Parlement européen a plutôt bien accueilli, jeudi 3 septembre, la stratégie de l’UE en faveur de l’élevage, tout en appelant à renforcer plusieurs de ses volets (EUROPE 13931/3).
Herbert Dorfmann (PPE, italien) a insisté sur l’importance d’une répartition territoriale des cheptels : dans les zones de montagne et les territoires extensifs, l’élevage est souvent indispensable pour maintenir les terres et éviter leur abandon, tandis que les concentrations excessives peuvent poser des problèmes environnementaux.
Cristina Maestre (S&D, espagnole), concernant le méthane, a soutenu le développement du biogaz et du biométhane, tout en appelant à éviter les installations surdimensionnées et à préserver la qualité de vie dans les territoires ruraux.
György Hölvényi (PfE, hongrois) a réclamé le doublement de la réserve de crise, de 450 à 900 millions d’euros.
Carlo Fidanza (CRE, italien) a demandé d’avancer rapidement sur le digestat issu des effluents d’élevage ainsi que sur le biogaz et le biométhane. Elsi Katainen (Renew Europe, finlandaise) s’est inquiétée des projets de réduction des financements consacrés à la politique de promotion.
Thomas Waitz (Verts/ALE, autrichien) a défendu prioritairement l’élevage au pâturage (nourrir les animaux herbivores directement en plein), notamment dans les zones reculées et soumises à des contraintes naturelles. À l’inverse, les modèles reposant sur l’achat massif de soja importé pour produire du porc destiné à l’exportation ne devraient plus bénéficier de financements publics, d'après M. Waitz.
« Ce que je retiens des interventions, c’est un large soutien, je pense, à cette stratégie européenne pour l’élevage », a résumé Pierre Bascou, directeur général au sein de la direction générale (DG) de l’agriculture de la Commission européenne (DG AGRI).
L’objectif n’est pas de réduire l’élevage, « comme je l’ai entendu dans des interventions, mais de renforcer la résilience de la chaîne de valeur de l’élevage », a-t-il insisté.
Il a mentionné en particulier les nouveaux développements réglementaires, notamment concernant le bien-être animal. Répondant à une question d'un député sur la période de transition, il a indiqué que celle-ci reposerait sur l'analyse d'impact menée par la Commission et sur les éléments factuels disponibles. « Je suis certain que, dans la proposition que la Commission présentera d’ici la fin de l’année ou au début de l’année prochaine pour le secteur porcin, les modalités de cette transition et de la mise en œuvre des nouvelles normes tiendront dûment compte des données disponibles et de la faisabilité, pour les agriculteurs, de leur mise en œuvre », a précisé le haut fonctionnaire européen.
En matière de gestion des nutriments, la stratégie prévoit l’examen des possibilités de simplification de la mise en œuvre de la directive 'nitrates'. Une première évaluation doit être réalisée au troisième trimestre 2026, notamment sur l'utilisation de certains digestats liquides comme engrais.
En ce qui concerne les conséquences de la sécheresse, M. Bascou a estimé qu’elles constituaient un « rappel du risque climatique » auquel est confronté l’ensemble du secteur agricole. Il a appelé à utiliser tous les instruments disponibles, tant pour répondre aux besoins à court terme des agriculteurs (trésorerie) que pour renforcer, à plus long terme, la résilience du secteur au changement climatique. (Lionel Changeur)