Darragh O'Brien, le ministre irlandais du Climat, de l'Énergie et de l'Environnement, était au Parlement européen, mardi 1er septembre, pour présenter le programme de la Présidence irlandaise du Conseil de l'Union européenne (EUROPE 13898/19) devant les eurodéputés.
En commission de l'industrie (ITRE), il a mis l'accent sur trois maîtres mots - la durabilité, l'accessibilité et la sécurité – qui s'appliquent aux systèmes énergétiques que l'Irlande souhaite contribuer à mettre en place, notamment à travers un accord avec le Parlement européen sur le paquet 'réseaux' (EUROPE 13897/1) et un accord au Conseil sur les redevances de réseaux ('network charges') (EUROPE 13912/7).
En commission de l'environnement (ENVI), il a défendu la compétitivité, la sécurité d'approvisionnement et les valeurs de l'Union européenne, notamment à travers la force du collectif – faisant référence à l'ambition de l'Irlande d'atteindre un accord au Conseil sur la révision du système d'échange de quotas d'émission (SEQE-UE ou 'ETS') (EUROPE 13912/1) d'ici décembre prochain.
La transition énergétique, un enjeu d'indépendance. Sans équivoque, il a affirmé devant les deux commissions que « la dépendance à l'égard des énergies fossiles importées nous expose à un risque stratégique aux conséquences économiques considérables », et que cette dépendance de l'UE est « l'une des plus élevées au monde ». Pour la réduire, il a mis l'accent sur l'électrification, les énergies renouvelables, mais également les « énergies propres », n'excluant ainsi pas le nucléaire, dont certains États membres, comme la France, sont fortement dépendants.
Il a également affirmé que l'utilisation des énergies renouvelables pour les centres de données et la pression sur les ressources en eau étaient des préoccupations croissantes pour l'Irlande, mais également pour l'Union européenne dans son ensemble, qui s'apprête à se doter d'une initiative pour l'intégration des centres de données dans le système énergétique européen (EUROPE 13880/4).
« Nous pourrions devenir le premier électro-continent », a-t-il conclu en commission de l'Environnement.
Réforme de l'ETS. Dans l'une comme dans l'autre commission, il a principalement été interpellé par les eurodéputés sur la réforme de l'ETS, présentée par la Commission européenne le 17 juillet. « Nous avons défini un calendrier ambitieux avec dix réunions de groupe de travail », a-t-il annoncé. « Nous souhaitons que l'ETS soit traité en octobre au Conseil afin d'atteindre un accord politique de principe (orientation générale) lors du Conseil de décembre ».
Il a ajouté que ce qui était essentiel était que « l'outil soit disponible » et a insisté sur le rôle de la Présidence « en tant que médiateur » dans ce dossier. (Nadège Delépine)