En 2024, les pays de l'UE ont consacré 4,8% de leur produit intérieur brut à l'éducation, soit 9,7% des dépenses publiques totales, selon le rapport 'Investir dans l'éducation 2026', publié mardi 1er septembre par la Commission.
Ils se sont classés derrière les États-Unis et le Royaume-Uni et avant le Japon - la Suède et l’Estonie étant les deux pays dans l’UE à dépasser les dépenses des États-Unis.
Toutefois, si l'investissement dans l'éducation au sein de l'UE se stabilise, il demeure légèrement inférieur au niveau d'avant la pandémie en termes de part des dépenses publiques (10% en 2019, 9,3% en 2020 et 2021, 9,4% en 2022 et 9,6% en 2023), note aussi la Commission.
Le rapport se concentre sur la situation salariale des enseignants. Alors que des candidats à l’élection présidentielle française en 2027 en ont notamment fait une promesse de campagne, la « satisfaction salariale reste un facteur important qui augmente la probabilité de choisir à nouveau l'enseignement », confirme le rapport.
Il souligne aussi que plus de trois enseignants sur quatre (76,5%), s'ils avaient le choix de changer de profession, choisiraient de continuer à enseigner, explique la Commission dans un communiqué, mais les chiffres sont en baisse et cette volonté varie selon le sexe et l'expérience.
En 2024, 76,5% des enseignants de l'UE ont déclaré qu'ils choisiraient à nouveau l'enseignement, contre 79,2% en 2018. Les enseignantes étaient 12 points de pourcentage plus susceptibles que les enseignants de choisir à nouveau ce métier. Cette probabilité diminue progressivement avec l'expérience – jusqu'à 12 points de pourcentage chez les enseignants ayant plus de 20 ans d'expérience par rapport aux enseignants en début de carrière.
Les facteurs matériels et immatériels influencent aussi l'attractivité de la profession enseignante. Les enseignants satisfaits de leur salaire sont environ 7 points de pourcentage plus susceptibles de choisir à nouveau l'enseignement, tandis qu'une perception positive de l'environnement de travail et de la valeur du métier accroît cette probabilité d'environ 4 points de pourcentage. La collaboration professionnelle et les motivations liées à l'utilité sociale ont également un impact positif, même si plus modeste.
Les salaires des enseignants représentent la part la plus importante des dépenses publiques d'éducation dans l'UE. En 2024, 66% des dépenses publiques consacrées à l'enseignement préscolaire et primaire et 72% à l'enseignement secondaire dans l'UE étaient allouées à la rémunération des personnels, principalement des enseignants et des chefs d'établissement.
Mais l'évolution de la situation montre que, si les coûts salariaux ont sensiblement augmenté en valeur nominale entre 2015 et 2024, cette hausse reflète davantage l'inflation que des changements structurels des systèmes éducatifs, note le rapport.
Salaires inférieurs. Et dans la plupart des pays de l'UE, les salaires des enseignants restent inférieurs à ceux des travailleurs ayant un niveau de qualification similaire tout au long de leur carrière.
« En moyenne, dans l'UE, le salaire légal de départ des professeurs du premier cycle du secondaire représente 58% du salaire moyen des travailleurs ayant un niveau de qualification similaire âgés de 25 à 64 ans, tandis que le salaire légal en fin de carrière atteint 89% de ce salaire ».
De même, le salaire réel moyen des professeurs du premier cycle du secondaire représente 85% du salaire à temps plein des travailleurs ayant un diplôme de l'enseignement supérieur âgés de 25 à 64 ans.
Mais si des salaires compétitifs peuvent favoriser le recrutement et la fidélisation, leur impact semble limité lorsqu'ils ne s'accompagnent pas de conditions de travail favorables et du bien-être des enseignants, résume le rapport.
Réduire les exigences professionnelles excessives – telles que la charge de travail et le stress – tout en améliorant les ressources professionnelles peut jouer un rôle clé dans le maintien de la motivation des enseignants. Ceci est particulièrement important pour fidéliser les enseignants expérimentés.
Lien vers le rapport : https://aeur.eu/f/n7l (Solenn Paulic)