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Bulletin Quotidien Europe N° 13928
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Invasion Russe de l'Ukraine / Ukraine

Les Européens discutent une nouvelle fois de leur soutien militaire à Kiev

Les ministres de la Défense européens ont, une nouvelle fois, débattu, mardi 1er septembre, lors de leur réunion informelle à Wicklow (Irlande), de leur soutien militaire à l’Ukraine. Après un été particulièrement meurtrier, mardi, au moins douze personnes ont été tuées dans des frappes massives sur Kiev et sa région. Ces attaques ont poussé le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à appeler une nouvelle fois à l’augmentation de la livraison des capacités antibalistiques cet automne.

« Les Ukrainiens résistent et nous devons les soutenir. Le principal problème est la défense aérienne. Ils manquent d'intercepteurs », a rappelé une nouvelle fois la Haute Représentante de l'UE, Kaja Kallas, alors que les missiles Patriots disponibles se font de plus en plus rares.

Elle a souhaité que les pays possédant des intercepteurs qui seront bientôt périmés les envoient à Kiev. « Chaque intercepteur que nous fournissons à l'Ukraine signifie qu'un missile russe n'atteindra pas une école, une maison ou un hôpital ukrainien », a plaidé la Haute Représentante. Un appel resté sans résultat, aucun pays n'ayant fait de nouvelles annonces d'envoi lors de la réunion.

« Nous savons qu'un certain nombre de pays, notamment d'Europe du Sud, disposent encore de stocks qui, selon nos estimations, pourraient permettre d'approvisionner l'Ukraine », a ajouté le ministre de l'Approvisionnement en armes et du personnel des Pays-Bas, Derk Geertz Boswijk. Il s’agirait notamment de la Grèce et de l’Espagne.

Au-delà de l’envoi des missiles Patriot disponibles « au plus vite », le ministre néerlandais a estimé qu’il était « essentiel de rejoindre au plus vite » l’initiative de son pays, de la France et de l'Ukraine, entre autres, pour développer des solutions alternatives européennes au système américain. Selon Derk Geertz Boswijk, une alternative européenne pourrait voir le jour d’ici un an et demi. « Si nous travaillons ensemble, partageons nos connaissances et nos ressources financières, il est possible que l'Europe puisse développer le système dont nous avons besoin », a-t-il insisté.

La Haute Représentante a également expliqué que l’UE menait des démarches auprès de pays tiers pour obtenir des intercepteurs, tout en reconnaissant que c’était « très difficile ».

En plus du renforcement des capacités de défense aérienne, les ministres ont discuté de la formation des soldats ukrainiens.

Ainsi, outre les équipements, l’Ukraine a besoin, selon Mme Kallas, d'infrastructures d'entraînement modernisées. Mardi, la ministre irlandaise, Helen McEntee, a annoncé que 10 millions d’euros du soutien annoncé en juillet par son pays à l’Ukraine iraient aux installations d'entraînement. Le Danemark, quant à lui, a annoncé 3 millions d’euros, selon Mme McEntee.

Les ministres ont également discuté de l’avenir de la mission d'assistance militaire de l'UE en soutien à l'Ukraine (EUMAM), « notamment de la création d'une cellule de coordination à Kiev afin de mieux intégrer les enseignements tirés du champ de bataille et de renforcer la formation militaire », a expliqué Mme Kallas. EUMAM a déjà formé plus de 95 000 soldats ukrainiens.

La coopération industrielle de défense entre l'UE et l'Ukraine a également été mentionnée, alors qu’il y aurait désormais plus de 120 partenariats industriels entre des entreprises ukrainiennes et européennes.

Avancer sur la 'Facilité européenne pour la Paix'. Les ministres ont en outre discuté de la 'Facilité européenne pour la Paix', la Haute Représentante et la ministre irlandaise espérant des avancées dans les prochains jours. 

Si la Hongrie a levé son blocage sur la 'Facilité', la répartition des 6,6 milliards d’euros ne fait toujours pas l’objet d’un accord entre États membres concernant la part qui leur serait restituée et celle allouée directement à l’Ukraine.

Mme Kallas a expliqué que de « nombreux États membres » avaient déjà annoncé que l’intégralité des fonds qu’ils récupèreraient serait reversée à l’Ukraine. « Cela permettrait également de dégager d'importants financements pour la défense aérienne, répondant ainsi aux besoins de l'Ukraine », a-t-elle estimé.

Répondre aux attaques russes contre l'UE. Par ailleurs, expliquant que la Russie frappait l'Europe avec une vague d'attaques hybrides « de plus en plus cinétiques » pour la dissuader de soutenir l’Ukraine, Mme Kallas a estimé que l’Europe devait prendre « les mesures qui s'imposent ». « Si nous disons : 'Si vous faites ceci, nous ferons cela', nous devons être prêts à joindre le geste à la parole », a-t-elle expliqué, précisant avoir « le sentiment que la Russie nous teste constamment, allant toujours plus loin, et c'est pourquoi nous devons absolument réagir ».

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, de son côté, a annoncé, après avoir assuré l'Allemagne de la pleine solidarité de l'UE face à l'attaque hybride survenue à l'aéroport de Leipzig le 14 août et imputée ce mardi à la Russie, que le sujet, « y compris d'éventuelles sanctions supplémentaires », serait discuté par les ministres des Affaires étrangères. (Camille-Cerise Gessant)

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