À l'approche d'une réunion de travail de l'Organisation maritime internationale (OMI), prévue à Londres du 1er au 4 septembre, la présidente de l'Union des armateurs grecs (UGS), Melina Travlos, a exprimé, lundi 24 août, son soutien à une proposition du Panama et du Liberia sur le futur cadre 'net-zéro' de l'OMI.
Les États membres de l'OMI devront en effet trouver un terrain d'entente afin d'adopter, en novembre prochain, un cadre mondial pour la décarbonation du transport maritime, après l'échec des négociations l'année dernière (EUROPE 13733/27).
Tout en réaffirmant la nécessité de décarboner le secteur (responsable d'environ 3% des émissions mondiales) et de disposer d'un cadre mondial, l'UGS considère que des objectifs ambitieux « doivent rester réalistes et aller de pair avec des solutions qui reflètent les capacités technologiques et les réalités du marché mondial ».
Selon les armateurs grecs, « l'approche du Panama et du Liberia prend en compte des paramètres critiques, tels que l'accessibilité, la disponibilité et l'évolutivité des carburants requis », ainsi que l'efficacité énergétique des navires. La proposition du Japon reconnaît également l'importance de ces paramètres pour définir la trajectoire de décarbonation du secteur maritime, selon l'UGS.
Lors de la 84e session du Comité de la protection du milieu marin (MEPC84), fin avril, le Liberia et le Panama - qui, à eux seuls, comptent près d'un tiers de la flotte commerciale mondiale sous leur pavillon - ont présenté, avec l'Argentine, une contre-proposition visant à favoriser un consensus sur le cadre 'net-zéro'. Celle-ci prévoit que la trajectoire des objectifs d'intensité carbone de l'OMI dépende de l'évolution réelle du marché des carburants bas carbone.
L'enjeu est particulièrement important pour le transport en vrac (bulk) et les services de tramp, caractérisés par des itinéraires et des horaires flexibles. Ce segment, qui représente plus des deux tiers du fret maritime mondial et une large part de l'activité maritime grecque, transporte principalement des matières premières, comme les céréales ou le pétrole, et reste particulièrement difficile à décarboner en raison de ces contraintes de flexibilité.
Certaines organisations environnementales, dont l'ONG Opportunity Green (EUROPE 13923/11), s’inquiètent toutefois des contre-propositions formulées lors du MEPC84, estimant qu'elles pourraient affaiblir les incitations à investir dans le développement de carburants propres.
Voir la déclaration de l'Union des armateurs grecs (en anglais) : https://aeur.eu/f/n4r (Juliette Verdes)