La Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas, a dénoncé, lundi 24 août, la publication par le gouvernement israélien, le 18 août, d'un appel d'offres pour la construction de plus de 1 200 logements dans le cadre du projet de colonisation E1. Israël prévoit à terme la construction de 3 400 logements.
Cette décision « compromet gravement la perspective d'une solution à deux États », a souligné Kaja Kallas dans une déclaration, précisant que la mise en œuvre du plan E1 diviserait la Cisjordanie en deux, isolant Jérusalem-Est.
La Haute Représentante a rappelé que cette annonce survient alors que la Cisjordanie est en proie à une instabilité croissante et à des niveaux records de violence de la part des colons. « Dans ce contexte, nous prenons note des récentes inculpations prononcées par le parquet israélien contre certains auteurs de ces violences », a précisé Mme Kallas.
Elle a exhorté le gouvernement israélien à retirer l'appel d'offres, à suspendre son projet E1 ainsi que tous les autres projets d'expansion des colonies et à garantir que les colons violents rendent des comptes.
Le 20 août, l’Allemagne, la France, l’Italie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Norvège avaient, dans une déclaration commune qualifié d'« inacceptable », annoncé la publication de l’appel d’offres. Depuis, les dirigeants de la Finlande, de Chypre, de la Grèce, de la Commission européenne, de l'Autriche, de l'Espagne, de la Suède, de la Belgique, mais aussi de l'Australie et de la Nouvelle Zélande ont repris la déclaration à leur compte. « Les entreprises ne doivent pas envisager de soumissionner aux appels d’offres pour ces projets de construction. Elles doivent être conscientes des conséquences juridiques et pour leur réputation, notamment du risque de se rendre complices de graves violations du droit international », ont prévenu les dirigeants de ces pays. (Camille-Cerise Gessant)