Cent jours après le début de l’épidémie d’Ebola causée par le virus Bundibugyo en République démocratique du Congo (RDC), la situation sanitaire continue de se dégrader. D’après l’Agence France Presse (AFP), plus de 5 000 cas ont désormais été recensés dans six provinces et plus de 2 500 personnes sont mortes, selon des données des Nations unies rapportées samedi 22 août par l’AFP. La moitié de ces décès sont survenus au cours des trois dernières semaines.
L’épidémie, déclarée le 15 mai, avait conduit l’Organisation mondiale de la santé (OMS), deux jours plus tard, à déterminer qu’elle constituait une urgence de santé publique de portée internationale.
Lors d’une réunion du groupe de travail général du Comité de sécurité sanitaire, organisée le 12 août par la Direction générale de la Santé et de la Sécurité alimentaire de la Commission européenne (DG SANTE), l’OMS avançait que cette épidémie était déjà la plus importante jamais enregistrée pour la souche Bundibugyo et la deuxième plus grande épidémie d’Ebola, toutes souches confondues.
Au 9 août, 4 381 cas confirmés et 2011 décès avaient été comptabilisés dans cinq provinces, d’après le rapport de la réunion du Comité de sécurité sanitaire du 12 août, publié jeudi 20 août.
En outre, il faut rappeler que la propagation du virus a lieu dans des conditions humanitaires difficiles.
L’OMS cite notamment l’insécurité, l’extension de l’épidémie à de nouvelles zones, les difficultés d’accès à certaines régions, le manque de personnel formé, les retards de paiement des soignants ainsi que les problèmes rencontrés pour identifier et suivre les personnes ayant été en contact avec des malades.
Aussi, du fait d’une certaine méfiance de la part d’une partie de la population, de nombreux cas sont détectés tardivement.
D’après ce qui est avancé par la Commission européenne, l’OMS continuait, au 12 août, de considérer le risque en RDC comme « très élevé ».
Par ailleurs, l’Union européenne poursuit son soutien à la réponse en Afrique. Dix ponts aériens humanitaires avaient permis, au 12 août, d’acheminer plus de 769 tonnes de matériel, auxquelles s’ajoutaient 165 tonnes provenant des stocks européens.
L’Autorité de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire (HERA) a également mobilisé 5 millions d’euros pour l’achat et la fourniture de tests et d’équipements. Les besoins financiers restent importants. Sur les 518 millions de dollars prévus par le plan continental de préparation et de réponse, 51% avaient été décaissés au 5 août.
Il n'y a, pour le moment, pas de vaccin homologué ni de traitement spécifique contre le virus Bundibugyo, mais plusieurs essais cliniques portent sur la prophylaxie, des traitements et des candidats vaccins. De plus, pour les habitants de l’Union européenne et de l’Espace économique européen, le risque resterait très faible.
Par ailleurs, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), les importations de cas dans l’UE et l’Espace économique européen devraient être très limitées.
Le rapport de la Commission européenne : https://aeur.eu/f/n4b (Nithya Paquiry)