Coïncidence ou signal politique délibéré, ce sont les affaires sociales et les questions d’emploi qui lanceront le cycle des réunions informelles des ministres organisées par la Présidence irlandaise du Conseil de l’UE.
La première informelle se tiendra en effet le 6 juillet à Ballina, Co. Mayo, et se penchera sur les grandes priorités du semestre : la lutte contre la pauvreté dès l’enfance et tout au long de la vie, les mutations du monde du travail et les systèmes de surveillance de l’emploi, l’inspection du travail et la protection des travailleurs ainsi que l’emploi des personnes handicapées.
Ces thèmes alimenteront les trois sessions de travail des ministres et représentants de ministres. Dans une note de discussion, Dublin résume notamment les principaux freins à l’emploi des personnes en handicap. « En matière d’éducation, de compétences et d’insertion professionnelle, on constate un manque de mesures telles que l’intervention précoce, l’accompagnement à la transition formation-emploi, l’orientation professionnelle et le développement des compétences adaptées aux besoins individuels et en lien avec le marché du travail. Les inégalités scolaires, la faiblesse des parcours de transition et le nombre limité de stages réservés aux jeunes handicapés constituent également des défis importants ».
Du point de vue de la sensibilisation, des attitudes et de la culture organisationnelle des employeurs, est également observée « une sensibilisation limitée aux besoins liés au handicap, une compréhension insuffisante des aménagements raisonnables et une stigmatisation persistante. La culture d’entreprise peut rester axée sur la conformité légale plutôt que sur une inclusion plus large, tandis que les attitudes discriminatoires et les comportements sociaux inappropriés peuvent nuire à la pérennité de l’emploi et au bien-être au travail ».
La Présidence demandera ainsi aux Vingt-sept d'explorer éventuellement des mécanismes appropriés pour rendre compte de la part des employés en situation de handicap et des écarts de rémunération liés au handicap. « De telles mesures pourraient renforcer la responsabilité des employeurs et favoriser des pratiques d'emploi plus inclusives », indique encore cette note.
De manière générale, dans le domaine social et de l’emploi, Dublin « réaffirmera sa conviction que nos valeurs européennes constituent un atout économique et social indéniable, garantissant les droits, la tolérance, la solidarité et la non-discrimination », dit la Présidence dans son programme de travail. « Une Europe égalitaire peut permettre une mise en œuvre plus efficace des réformes économiques, de la croissance et de la compétitivité ».
La Présidence compte ainsi organiser le 19 octobre, lors du Conseil formel ‘Emploi, Politique sociale, Santé et Consommateurs’, un débat sur les attentes des pays membres quant au futur règlement sur les emplois de qualité. Le même jour, elle retentera sa chance pour obtenir un accord sur la directive relative à l’égalité de traitement, sur la table depuis 2008.
Après la publication de la stratégie de l’UE contre la pauvreté, le 6 mai dernier, la Présidence irlandaise cherchera aussi un accord le 19 octobre sur le projet de recommandation du Conseil sur la lutte contre l’exclusion du logement et le sans-abrisme. Des conclusions seront aussi prévues sur l’égalité comme moteur de compétitivité.
En décembre, il s’agira aussi pour Dublin de valider de nouveaux outils du paquet législatif à venir à la rentrée sur la mobilité juste des travailleurs, à travers deux 'orientations générales' sur le nouveau mandat de l’Autorité européenne du Travail et le Passeport européen de sécurité sociale.
Voir le programme : https://aeur.eu/f/mgz ; et l'agenda : https://aeur.eu/f/mml (Solenn Paulic)