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Bulletin Quotidien Europe N° 12770

28 juillet 2021
POLITIQUES SECTORIELLES / Climat
La menace d'un échec plane sur la COP26
Bruxelles, 27/07/2021 (Agence Europe)

Alors que des conditions météorologiques extrêmes ont récemment touché diverses régions du globe, rappelant au monde l’urgence de lutter contre le dérèglement climatique, les réunions entre dirigeants de pays s’enchaînent pour préparer la 26e Conférence des Parties des Nations unies sur le changement climatique (COP26) organisée à Glasgow. À 100 jours de la tenue de cette réunion internationale – la COP26 aura lieu du 1er au 12 novembre –, de nombreuses zones d’ombre demeurent néanmoins, mettant en péril le succès de ce rendez-vous pourtant capital.

Hausse de l'ambition collective

Le premier objectif de la COP26 sera de rehausser l’ambition climatique des pays signataires de l’Accord de Paris (adopté en 2015) – qui vise à contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2°C, en ciblant 1,5°C, par rapport aux niveaux préindustriels – en actualisant leurs ‘contributions déterminées au niveau national’ (CDN).

Si l’Union européenne et d’autres gros émetteurs, tels que les États-Unis, le Japon ou encore la Chine, ont déjà annoncé un renforcement de leurs ambitions climatiques (EUROPE B12704A14, B12703A1), moins de la moitié des pays signataires ont mis à jour leur engagement à réduire leurs émissions.

Lors d’une réunion informelle organisée à Londres les 25 et 26 juillet et rassemblant des représentants de plus de 51 États, le Royaume-Uni et les Nations unies ont ainsi appelé les pays à présenter des plans concrets pour limiter le réchauffement à 1,5°C, notamment des objectifs concernant leurs émissions nationales d’ici à 2030 et la manière dont ils comptent atteindre leurs objectifs.

Divisions au sujet du charbon

Bien que tous les pays participants à cette réunion soient convenus de limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C, des divisions persistent lorsqu’il s’agit de prendre des engagements concrets.

Le président de la COP26, Alok Sharma, a ainsi qualifié de « très décevante » l’absence d’accord des pays du G20 sur la sortie progressive du charbon, lors de la récente réunion des ministres de l’Énergie et du Climat de ces pays (EUROPE B12769A22).

Et d’ajouter : « À moins que tous les pays n’acceptent d’éliminer progressivement le charbon, il sera extrêmement difficile de maintenir le seuil de 1,5°C ».

La secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), Patricia Espinosa, de son côté, a jugé les discussions « extrêmement productives ». Elle a néanmoins regretté que de nombreux pays n’aient pas encore présenté de plans nationaux visant à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre au cours des dix prochaines années.

Financement climatique et adaptation

Deux autres points importants qui détermineront le succès de la COP26 concernent le financement climatique et l’adaptation de nos sociétés aux conséquences inévitables du réchauffement climatique.

Alors que les pays développés se sont engagés à mobiliser collectivement 100 milliards de dollars par an jusqu’en 2025 pour aider les pays en développement à faire face au changement climatique, les sommes dégagées restent actuellement bien en deçà de l’objectif.

S’exprimant lors de la réunion ministérielle du G20, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a ainsi déclaré : « Le G7 et les autres pays développés doivent (…) offrir un train de mesures crédibles de solidarité pour aider les pays en développement, dont la réalisation de l’objectif consistant à mobiliser la somme de 100 milliards de dollars, un appui renforcé à l’adaptation et à la résilience représentant au moins 50% du financement total du climat ».

Autres points

La COP26 sera en outre l’occasion pour les participants de tenter de s’accorder sur les points laissés en suspens concernant l’Accord de Paris, à savoir les règles pour l’échange de droits d’émissions de gaz à effet de serre entre les pays (article 6 de l’accord), la transparence de l’accord (pour vérifier que les pays respectent leurs engagements) et un calendrier commun des objectifs climatiques.

Enfin, il est à noter que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publiera, le 9 août, un rapport mettant à jour ses prévisions climatiques. Actuellement soumis à un processus d’approbation s’étalant du 26 juillet au 6 août, le rapport sera suivi par deux autres volets prévus pour début 2022.

En outre, une résolution du Parlement européen relative à la COP26 est prévue pour octobre afin de présenter les attentes et priorités des eurodéputés (EUROPE B12745A15). (Damien Genicot)

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